Cet ouvrage fait suite au séminaire Questionner l’évaluation dans l’enseignement supérieur et la recherche, animé par Julie Bouchard, Christine Barats et Arielle Haakenstad, et qui s’est tenu à l’ISCC de 2013 à 2016.

 

Faire et dire l’évaluation

L’enseignement supérieur et la recherche conquis par la performance

 
Christine Barats, Julie Bouchard et Arielle Haakenstad (dir.), Presses des Mines, 2018

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Résumé

L’injonction au « rendement » et à la « performance » a pénétré progressivement le monde académique au cours des quarante dernières années. En France comme dans d’autres pays d’Europe et d’ailleurs, l’évaluation s’est transformée au prisme de cet impératif : la régulation par la « collégialité » et le « jugement par les pairs » se sont doublés d’un « nouvel esprit de l’évaluation » peuplé d’« agences », d’« indicateurs », de « référentiels », de « classements »… Ce livre s’attache à comprendre l’émergence des fabriques contemporaines de l’évaluation, leurs déclinaisons dans différents pays et institutions ainsi que les changements qu’elles engendrent dans l’espace académique. Il s’appuie sur des enquêtes empiriques conduites dans sept pays (Allemagne, Belgique, Chine, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni) et portant sur des politiques publiques, des agences, des établissements d’enseignement supérieur, des « clusters » et des médias. En examinant les coulisses de l’évaluation académique contemporaine dans différents cadres nationaux et institutionnels, ce livre de sciences sociales permet de mieux comprendre les mécanismes sociaux et techniques de sa production, de sa circulation, de son appropriation ainsi que ses conséquences.

Les auteurs

Christine Barats, Manuela Boatca, Davide Borrelli, Julie Bouchard, Nathan Charlier, Renaud Debailly, Catherine Fallon, Sandrine Garcia, Arielle Haakenstad, Pierre Mœglin, Simon Paye, Clément Pin, David Pontille, Émilien Schultz, Tupac Soulas, Sophia Stavrou, Didier Torny, Aline Waltzing.

Christine Barats est maîtresse de conférences, habilitée à diriger les recherches, en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris Descartes, chercheuse au Céditec (Centre d’étude des discours, images, textes, écrits, communication) de l’Université Paris Est Val-de-Marne. Ses recherches portent sur les discours sur et de l’enseignement supérieur (autorité de tutelle, établissements, médias), et en particulier les discours sur et de l’évaluation (médiatisation du classement dit de « Shanghai », rapports de l’Aéres/Hcéres). Elle travaille également sur la communication numérique des établissements de l’enseignement supérieur français et a dirigé le Manuel d’analyse du web (Armand Colin, 2013, réédition 2016). Elle est membre du groupement d’intérêt scientifique « Innovation, interdisciplinarité et formation ».

Julie Bouchard est maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 13 et chercheure au Laboratoire des sciences de l’information et de la communication (LabSic). Ses recherches ont porté sur les discours institutionnels de la politique scientifique et technologique. Elle est l’auteure de Comment le retard vient aux Français. Analyse d’un discours sur la recherche, l’innovation et la compétitivité. 1940-1970 (Presses universitaires du Septentrion, 2008). Depuis quelques années, ses recherches portent sur une sociohistoire des classements académiques médiatiques. Avec Étienne Candel, Hélène Cardy et Gustavo Gomez-Mejia, elle a co-dirigé le livre La médiatisation de l’évaluation/Evaluation in the Media (Peter Lang, 2015). Elle est membre du groupement d’intérêt scientifique « Innovation, interdisciplinarité et formation ».

Arielle Haakenstad est assistante de recherche au Carism (Centre d’analyse et de recherche interdisciplinaire sur les médias) de l’Université Paris 2 Panthéon-Assas. Après avoir soutenu une thèse de sociologie politique à l’Institut d’études politiques de Paris sur les trajectoires des universitaires russes dans les années 1990, elle a assuré des fonctions de soutien aux équipes de recherche en histoire économique, histoire des techniques et de l’innovation ainsi qu’en sciences de la communication. Elle a participé au LabEx « Écrire une histoire nouvelle de l’Europe » comme postdoctorante de l’axe sur la civilisation matérielle.