Cette manifestation est organisée par l’ISCC, avec le soutien de l’AUF, dans le cadre de la coopération internationale engagée avec plusieurs universités du Brésil et la Société brésilienne d’études interdisciplinaires de la communication (Intercom).

 
Manifestation internationale

Symposium France-Brésil

 
22 juin 2010, ISCC

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L’ISCC accueille plusieurs enseignants-chercheurs du Brésil pour un symposium consacré aux approches comparatives et spécifiques des travaux de recherche menés au Brésil et en France en sciences de la communication : médias, TIC, interculturalité, problématiques sociales et politiques. Les questions de l’interdisciplinarité et du positionnement épistémologique, telles qu’elles se posent de part et d’autre de l’Atlantique, ont également été examinées.

Objectifs de la manifestation

C’est dans la lignée de contacts, échanges et projets de collaboration scientifique avec des équipes et chercheurs brésiliens que se réalise ce symposium dédié aux rencontres franco-brésiliennes. Les deux grands partenaires de référence permettant de faire le lien entre ces différents acteurs sont l’Intercom d’une part et l’ISCC d’autre part, la Société française de sciences de l’information et de la communication (SFSIC) intervenant pour sa part dans l’organisation d’une journée d’études spécifique France-Brésil au sein du congrès de Dijon le 25 juin 2010.

Programme

La journée du 22 juin a suscité des regards croisés qui ont facilité une lecture culturelle, linguistique, et civilisationnelle de la nature des travaux de recherche.

Chercheurs invités par l’ISCC

  • Edgard Reboucas, directeur des relations internationales de l’Intercom, responsable de l’Observatoire des médias régionaux de l’université fédérale de l’Espirito Santo, éditeur du Global Media Journal - Brazilian edition, chercheur associé à l’AUF à titre individuel, membre du GRESEC, université de Grenoble, et du GRISIS, université du Québec
  • Rosa Maria Cardoso Dalla Costa, directrice culturelle de l’Intercom et professeur de l’université fédérale de Parana
  • Rosa Maria Da Costa, Sociedade Brasiliera de Estudos Interdisciplinares da Comuni
  • Laan Mendès de Barros, professeur de l’université Metodista de Sao Paulo et chercheur de la Chaire Unesco-Metodista en communication et développement régional, chercheur à l’université de Sao Paulo, membre associé au GRESEC, université de Grenoble
  • Zelia Leal Adhirni, professeur de l’université de Brasilia, Faculdade de Comunicação, Departamento de Jornalismo.

Résumé des interventions

« Panorama de la recherche en SIC au Brésil, perspectives pour les étudiants et chercheurs français », Edgar Reboucas
La recherche en communication au Brésil présente quelques caractéristiques spéciales. De la même façon que s’est développée la formation sociale, politique, économique et culturelle du pays, avec le mélange d’une série d’influences autochtones et étrangères, les études et pratiques communicationnelles ont gagné un caractéristique hybride/métisse. Les perspectives théoriques - méthodologiques utilisées par la plupart des chercheurs font que la communauté internationale commence à respecter cette notion « hybridisme/métissage » non plus comme quelque chose d’exotique, mais comme différente. Il y a encore un grand chemin à parcourir par cette « pensée communicationnelle brésilienne ». Il faut rappeler que le Brésil a sa propre musique, sa propre télévision, sa propre littérature, sa propre presse, son propre sport, bref, son propre star system. Cette présentation a pour but de montrer aux chercheurs français les possibilités d’échanges scientifiques entre les deux pays avec un panorama historique de l’enseignement et de la recherche en sciences de l’information et de la communication au Brésil depuis les années 1940. Actuellement il y a dans le pays plus de 700 écoles en communication (journalisme, publicité, cinéma, télévision, radio, édition et relations publiques), ainsi que presque 40 cours en 3e cycle (master et doctorat).
Finalement il sera présenté les principaux domaines de recherche, notamment la communication communautaire - populaire ; la communication et l’éducation ; la communication politique ; les politiques et l’économie politique de la communication ; la communication et le développement ; la folkcommunication ; la presse et l’intérêt public ; la glocalisation, identités et diversité culturelle ; et les études de réception/médiation.

« Appropriation par les récepteurs des discours des médias, à partir des médiations culturelles », Laan Mendès de Barros
La question de la réception dans les processus de communication et son évolution pendant les dernières décennies, entre adhésion et méfiance, entre la persuasion et l’appropriation. Du public cible passif à la réception active et participative. La production de sens dans l’espace-temps où se trouve le récepteur, traversée et structurée par les médiations culturelles, dans des processus d’interprétation qui mènent « du texte à l’action ». Les relations entre communication et culture et le déplacement des médias aux médiations dans la pensée communicationnelle latino-américaine. On s’attachera donc à définir en quoi les études, recherches, sur la réception sont contraintes par la nécessité d’accorder de plus en plus de place à l’analyse du contexte de réception et donc à la situation des récepteurs et à leurs spécificités respectives en France et au Brésil.
Cette réflexion, de nature théorique et épistémologique sur les études de la communication, prend comme base les formulations d’auteurs latino-américains, tels que Jesús Martín-Barbero, Nestor García Canclini, Octavio Ianni et Guillermo Orozco Gomes, et d’auteurs français, comme Paul Ricœur, Michel Dufrenne, Dominique Wolton et Jean Caune. Pour illustrer la réflexion, on apporte quelques exemples des processus d’appropriation des discours médiatiques et de production de sens dans un contexte d’hybridation culturelle.

« Le risque technologique et les interactions avec l’environnement, implications des entreprises, débat public, stratégies d’acteurs, place, configuration et envergure des controverses, intégration d’une perspective interdisciplinaire chimie-biologie-sciences humaines et sociales », Stéphanie Proutheau, Nicole D’Almeida
Il apparait que la perception et représentations des OGM au Brésil diffèrent de celles qui président aux tensions autour de ce sujet en France. Les postions des opposants aux OGM au Brésil ne s’articulent pas autour d’une position unilatérale sur les risques et dommages pour la santé et la controverse est présente au sien même des acteurs du monde industriel qui est favorable aux applications des OGM mais qui s’engage par ailleurs dans une politique de prévention. Ainsi, la notion de précipice de précaution s’en trouve fortement différencié au Brésil et en France. Il est pertinent de comparer les stratégies d’acteurs et les conditions qui forgent un débat public et scientifique sur les risques en termes de santé, d’environnement, dans le contexte de la prévention.

« L’intégration sociale, les TIC et le numérique ; aspects et éléments d’une démarche comparative Brésil-France-Afrique », Rosa Maria Cardoso Dalla Costa, Mirna Tonus, Michel Durampart
Il s’agit d’inverser le paradigme en abordant la question par une prise en compte de l’intégration sociale avant de poser la relation avec TIC et dispositifs numériques. Il s’agit de s’appuyer sur la description de monographies comparatives attachées au rapprochement et différences en prenant en compte des zones urbaines et rurales et le rôle de communication comme médiation au service de l’éducation et l’intégration (France/Brésil/Afrique). En Afrique, la téléphonie mobile est le moteur de la sociabilité en réseau liée aux TIC, bine plus que l’internet, ce qui modifie et déplace l’intégration des technologies dans la vie courante face aux modalités connues en Occident ou au Brésil. Au Brésil, le travail des mouvements sociaux et des organisations populaires joue un rôle particulier sur ces usages et donne un nouveau sens à ces nouvelles technologies. Plusieurs projets de « educommunication » sont mis en place à l’école ou dans les quartiers défavorisés. L’invocation des sociétés de la connaissance plutôt que la référence à un modèle pensant la société de l’information de façon unilatérale nécessite une approche à la fois relativiste mais qui considère aussi que c’est le contexte économique, social et culturel qui détermine certains facteurs faisant des TIC un appui ou des relais accompagnant des programmes d’insertion.

« Histoire de la presse », Zelia Leal Adhirni
Il existe une tradition de l’activité médiatique au Brésil basé sur un capital journalistique en Amérique latine. La formation des journalistes au Brésil a commencé dans les années 1940. La représentation des minorités dans les médias tient une place importante à l’instar de ce que l’on peut aussi voir en Amérique du Nord. En France, cet aspect est plus marginal ou plus spécialisé. Il est intéressant donc de repartir d’un travail sur la mémoire à ce niveau pour regarder comment se constitue ce capital journalistique en analysant, par exemple, l’évolution de la catégorisation de la profession des journalistes entre Le Brésil et la France. Histoire de la Presse au Brésil : Le Journalisme et les journalistes des origines aux défis contemporains. Le but de ce travail est de présenter un résumé de l’histoire de la presse au Brésil, depuis ses origines (empire, république, époque contemporaine) jusqu’à l’institutionnalisation du journalisme, en passant par le développement de l’industrie culturelle et l’émergence des nouvelles technologies de l’information-communication. Nous aborderons le rôle du journalisme dans l’essor de la démocratie ainsi que la réglementation/déréglementation de l’activité journalistique (formation universitaire, législation professionnelle), un secteur frappé par une crise d’identité depuis que la Cour Suprême a décrété la fin de l’obligation de diplôme universitaire pour exercer la profession. Nous souhaitons proposer une réflexion à la lumière de l’histoire du journalisme et du journaliste face aux nouveaux défis auxquels est confronté à l’univers de l’information-communication.

Informations pratiques

Mardi 22 juin 2010 à partir de 10h30

Maison des sciences de la communication et de l’interdisciplinarité (MSCI)
20, rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7, « Les Gobelins »