Crédits photo : David Dumoulin Kervran.

Avec David Dumoulin Kervran, Institut des hautes études de l’Amérique latine et Jean Foyer, CNRS-ISCC (discutant).

Lundi 9 avril 2018, 17h à 19h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »

Inscription à leseminaire@iscc.cnrs.fr

 
Séminaire de l’ISCC

La politique des sciences de terrain

 
Séance du 9 avril 2018 annulée

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Présentation

La notion de « terrain », sera considérée comme un analyseur des pratiques scientifiques, pouvant les éclairer de manière différente de ce qui a formé le premier territoire des études sociales des sciences : le laboratoire.

Une première partie plus conceptuelle est nécessaire pour mieux comprendre la pertinence sociologique de cette entrée par « le terrain ». En s’inscrivant dans la nouvelle attention aux lieux de la production scientifique, cette entrée permet de dépasser la triple clôture dont on enferme trop souvent les pratiques scientifiques : celle des lieux, des professionnels, des modes de connaître. La réflexion anthropologique (attachements, aller-retours entre deux mondes, terrains politiques et éclatés) permet de circonscrire les sens de la notion de « terrain ». Une sociologie du travail scientifique de terrain souligne sa constitution par trois types de sociabilité : les conditions de travail qui renvoient à une certaine classe sociale dans la mondialisation, les tentatives récurrentes mais paradoxales de boundary work pour préserver les frontières de la science (relation professionnelle au monde scientifique), le degré d’intimité au lieu (relations aux êtres humains et non-humains qui peuplent la localité).

La seconde partie présentera une vision synthétique de la politique du terrain des biologistes. On peut identifier plusieurs types de pratiques de terrain, suivant les disciplines, les « régimes d’engagements » et l’attachement aux localités. Cette politique du terrain est présentée synthétiquement à travers un tableau à double entrée définissant les quatre dimensions de cette coproduction science/politique : les recherches biologiques au service de la domination environnementale, la production de l’ordre politique au filtre de la science biologique, la production scientifique au filtre de l’ordre politique, et enfin, la politique spécifique du terrain en biologie.

Cette réflexion est basée sur une étude empirique de plusieurs années consacrée à la biologie tropicale ; l’étude des forêts tropicales ayant en effet permis, en à peine quelques décennies, que ces écosystèmes soient à présent intimement intégrées à la gouvernementalité contemporaine. Comment les biologistes tropicaux sont-ils parvenus à travailler dans ces antipodes, si éloignées des standards de la science confinée en laboratoire et dans lesquelles ils ne peuvent s’installer ?

Le cas de biologie tropicale est l’occasion de proposer un cadre d’analyse plus large sur « la politique des sciences de terrain ».

Intervenants

David Dumoulin Kervran est maître de conférences en sociologie et chercheur au Centre de recherche et de documentation des Amériques (CREDA) de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (IHEAL, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle).

Discutant : Jean Foyer est chargé de recherche au CNRS, ISCC.