Avec Marie-Pia d’Ortho, Hôpital Bichat (Assistance publique – Hôpitaux de Paris).

Vendredi 19 janvier 2018, 10h à 12h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »

→ Inscription et renseignements auprès de cristina.lindenmeyer@cnrs.fr

 
Séminaire Le corps augmenté et ses symptômes

Pour une évaluation médicale de l’objet connecté en santé

 
19 janvier 2018, 10h à 12h, ISCC

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Résumé

Les objets connectés ont fait irruption dans notre mode de vie, portés par l’utilisation de smartphones. Aujourd’hui plus de 3 milliards d’humains disposent d’un smartphone, la moitié utilisent une (des) appli relatives à la santé. Après un positionnement de ces objets dans le champs du bien-être et du quantified-self, très vite (d’emblée ?), start-ups et industriels ont compris que le champs de la santé offrait des perspectives de développement fructueuses, d’autant plus prometteuses que la transition épidémiologique réalisée au tournant des années 1960, des maladies infectieuses vers les maladies chroniques, conjointe au vieillissement de la population, offre des champs d’application (et des marchés) très larges.

Les usagers sont fortement demandeurs, autant patients et soignants. Sans parler des ingénieurs et développeurs.

De multiples motivations animent les uns et des autres : ne plus se soumettre au pouvoir du savoir médical, participer directement et être acteur de sa prise en charge (« patient empowerment »), simplifier l’accès aux soins, palier aux questions de démographie médicale, introduire de l’intelligence artificielle, renforcer les liens entre médecine hospitalière et de ville, transition ambulatoire... Les attentes et les espoirs sont immenses. Beaucoup déplorent la lenteur des pouvoir publics à prendre en charge ces nouvelles pratiques.

Néanmoins et en préalable, encore faut-il démontrer que l’objet considéré mesure bien ce qu’il prétend mesurer, quelles que soient les conditions, quelles que soient les pathologies sous-jacentes. Encore faut-il démontrer que l’utilisation améliore le parcours patient tant en efficacité et en efficience. Encore faut-il évaluer l’impact de ces pratiques sur les usages, les représentations, les organisations.

Ce sont les objectifs que se fixe la plateforme, le Digital Medical Hub, de Groupe Hospitalière Universitaire Paris Nord Val de Seine de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (GHUPNVS, APHP).

Intervenante

Marie-Pia d’Ortho, MD PhD, dirige depuis 2014 le service de physiologie, explorations fonctionnelles à l’hôpital Bichat (Assistance publique – Hôpitaux de Paris), au sein duquel elle a créé en 2009 le centre de prise en charge des pathologies du sommeil et de la vigilance. Pneumologue, elle a pris dès 1996 l’orientation vers la médecine du sommeil par le biais initial de la prise en charge des pathologies respiratoires du sommeil. Très vite, ses champs d’intérêt se sont élargis à l’ensemble de la somnologie.

L’intérêt pour la télémédecine et l’utilisation des objets connectés en santé lui vient de ses deux casquettes de somnologue et de physiologiste. En effet, dès la fin des années 1990, il a été possible de suivre à distance les patients traités pour apnées du sommeil par ventilation en pression positive continue (PPC), conférant aux médecins impliqués dans cette prise en charge une pratique pionnière dans le télésuivi.

Par ailleurs, le cœur de métier des physiologistes médicaux est l’évaluation des grandes fonctions, avec un intérêt consubstantiel à l’outil de mesure et ses évolutions.

C’est donc tout naturellement qu’avec l’irruption des objets connectés ces dernières années et de leur utilisation potentielle ou avérée en médecine et dans les soins, son équipe s’implique dans le champs de leur évaluation.