Avec Isabelle Queval, professeure à l’Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés et chercheuse au Grhapes (EA 7287).

Vendredi 17 novembre 2017, 10h à 12h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »

→ Inscription et renseignements auprès de cristina.lindenmeyer@cnrs.fr

 
Séminaire Le corps augmenté et ses symptômes

De la perfectibilité des Lumières à l’homme augmenté : réflexions sur la croyance en l’homme « rationnel »

 
17 novembre 2017, 10h à 12h, ISCC

Accueil > Recherche > Séminaires réguliers > Le corps augmenté et ses symptômes

 

Résumé

Le 21e siècle s’inscrit dans un long processus hérité des Lumières, la croyance dans la « perfectibilité » de l’homme. Cette croyance nourrit les sciences et discours visant à « rationaliser » l’humain, à objectiver ses capacités et pouvoirs, puis à les « augmenter ». Depuis quelques décennies, la perfectibilité du corps s’est concrétisée par la mise en œuvre de moyens médicaux et techniques sans précédent. Ce n’est pas simplement l’espérance de vie qui s’est accrue dans les pays industrialisés, c’est aussi la capacité à vivre durablement dans un corps moins souffrant. Se forme la volonté, et le fantasme, d’une production du corps. Médicalisation de la naissance, prévention de l’hygiène publique, pharmacologie, cosmétologie, chirurgie, culte de l’« entretien de soi » croisent des attentes collectives et individuelles, jusqu’aux frontières de l’irrationnel ou de l’eugénisme – obtenir un corps ou un enfant « parfait » –, de l’addiction – à l’effort physique, à la chirurgie esthétique, aux substances dopantes – et jusqu’aux questionnements éthiques portant sur le contrôle. Dans ce contexte, « production » et « rationalisation » du corps introduisent inévitablement à poser la question du sujet, et de la place qui lui revient dans cette dynamique d’amélioration.

Intervenante

Isabelle Queval est professeure des universités à l’Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés (INS HEA, Université Paris Lumières) et chercheuse au Groupe de recherche sur le handicap, l’accessibilité et les pratiques éducatives et scolaires (Grhapes, EA 7287).

Ses travaux portent sur la philosophie du corps et de la santé, ainsi que sur la philosophie du sport. Elle analyse en particulier le thème de la « perfectibilité » à travers l’histoire des pratiques corporelles depuis l’Antiquité dans l’éducation, l’éducation physique et la médecine, et l’impact des Lumières sur la postérité de ce thème.

Elle est l’auteure de S’accomplir ou se dépasser. Essai sur le sport contemporain (Gallimard, 2004), Le corps aujourd’hui (Gallimard, 2008), Le sport. Petit abécédaire philosophique (Larousse, 2009) et Philosophie de l’effort (Éditions nouvelles Cécile Defaut, 2016). Elle a dirigé en 2016 l’ouvrage Du souci de soi au corps augmenté paru aux Presses des Mines.