L’Émeraude, premier VLCC de la flotte de la Compagnie navale des pétroles (CNP), avec 223 656 tpl, mis en service en 1970. Collection Total.

Avec Benoît Doessant, Total Marketing Services.

Jeudi 9 novembre 2017, 17h à 19h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »

 

Arrivée du Sirius de la Compagnie navale des pétroles (CNP) dans le port pétrolier de Lavéra à l’entrée de l’étang de Berre, près de la raffinerie de Provence de la CFR, 1961. Collection Total.

Séminaire Histoire des sciences, histoire de l’innovation

Le transport maritime d’hydrocarbures. Les compagnies pétrolières françaises entre impératifs économiques et obligation de pavillon (1918-1998)

 
9 novembre 2017, 17h à 19h, ISCC

Accueil > Recherche > Séminaires réguliers > Histoire des sciences, histoire de l’innovation

 

Résumé

La question du transport maritime est névralgique depuis les débuts de l’industrie du pétrole en 1859 pour une raison essentielle : les lieux de production, de transformation et de consommation sont distincts et souvent séparés par les océans. Il faut donc transporter une grande partie du pétrole brut depuis un nombre limité de pays producteurs vers le reste du monde avec des navires spécialisés – les pétroliers – sur de grandes distances. Cette tendance se renforce tout au long du xxe siècle avec la découverte de grandes réserves de pétrole au Moyen-Orient et en Afrique. De manière générale, le développement de la flotte pétrolière mondiale suit de près l’accroissement de la production et de la consommation de pétrole. Le transport maritime d’hydrocarbures représente encore aujourd’hui de très loin la forme de commerce international la plus importante – un tiers – avec plus de deux milliards de tonnes transportées par an, à rapporter aux cent millions de tonnes en 1935 et aux cinq-cents millions de tonnes en 1960. La France, tirant les conséquences des difficultés d’approvisionnement en produits pétroliers pendant la Première Guerre mondiale, fixe tout au long du xxe siècle des règles contraignantes aux compagnies pétrolières en imposant l’obligation d’importer les deux-tiers de leurs besoins sous pavillon national. Or, celles-ci sont confrontées au problème structurant de la marine marchande française : les coûts d’exploitation élevés de la flotte. Cette présentation tente de comprendre les stratégies mises en place par ces compagnies pour acheminer dans les meilleures conditions possibles le pétrole vers la France, malgré l’obligation de pavillon. Au-delà, il s’agit de comprendre pourquoi les compagnies pétrolières ont fini par abandonner leurs armements maritimes malgré le cadre législatif en vigueur. Total se retire en 1993 de l’activité de transport maritime. Aujourd’hui, les navires sous pavillon français appartiennent à des armateurs norvégiens ou belges, mais en aucun cas français.