Crédits images : main, œil, oreille, pieds, prothèse.

Ce workshop est organisé par l’Institut des sciences de la communication, en partenariat avec l’Université Paris Diderot, et financé par le programme interdisciplinaire « La personne en médecine », Université Sorbonne Paris Cité.

Lundi 9 octobre 2017, 9h30 à 18h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »

Contact : cristina.lindenmeyer@cnrs.fr

 

Workshop ISCC / Paris Diderot

De la souffrance à la « réparation » : l’avenir d’une illusion moderne

 
9 octobre 2017, 9h30 à 18h, ISCC

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Argument

L’être humain subit actuellement une série de bouleversements par l’émergence de nouveaux dispositifs technologiques dont l’évolution croissante permet leur introduction dans le corps de façon plus ou moins invasive. L’individu se voit ainsi transformé en une interface corps-machine ou cerveau-machine, selon le lieu d’implantation et l’intégration corporelle. Les pacemakers, prothèses de main ou de jambe, implants cochléaires, etc. en fournissent une illustration.

Le gain de telles prouesses techniques offrant aux sujets un accès à des traitements qui leur restituent un espace d’autonomie est incontestable. Cependant, force est de constater que ces mêmes techniques soulèvent également des questions bioéthiques incontournables. Être “hybride” engage le sujet dans un corps à corps avec la prothèse et provoque des expériences corporelles et subjectives nouvelles dont nous ne maîtrisons pas encore tous les effets. Car ces objets ne produisent pas seulement une « réparation » du corps organique, ils ouvrent également la voie à un mode de pratique et de production des savoirs dont l’incidence sur l’expérience intime du sujet avec lui-même, en sa dimension inconsciente, est inévitable. Ce que vient corroborer la pratique clinique, puisque nous observons l’apparition croissante de symptômes non prévus par ces transformations que les avancées technologiques s’autorisent à légitimer.

Ainsi, ces nouveaux moyens de « traitement » de la maladie ou de certains handicaps rendus possibles par l’essor de ces nouvelles technologies reposent sur un processus qui accompagne une véritable innovation sociale dont la portée exige une réflexion interdisciplinaire urgente sur les possibilités et les limites de la « réparation » prothétique chez le sujet.

Dans ce contexte actuel, ce workshop présente l’originalité d’associer et d’intégrer l’approche psychanalytique aux recherches concernant la médecine technoscientifique, questionnant ainsi les modalités par lesquelles le domaine de la santé et la société traitent aujourd’hui le sujet et son corps. De plus, ce workshop étend sa réflexion et son terrain d’étude à l’international, puisqu’il s’inscrit dans une étroite collaboration avec des hôpitaux brésiliens.

Programme

Introduction : Cristina Lindenmeyer

Intervenants matin

Hervé Chneiweiss, L’homme réparé : espoirs, limites et enjeux de la médecine régénératrice
Judith Nicogossian, La réparation : un retour à l’identique illusoire ?
Ariane Aberdam, Chirurgie du féminin, illusion de la réparation

Discutante : Véronique Donzeau-Gouge

Déjeuner

Intervenants après-midi

Maria Livia Moretto, La souffrance dans la culture de la performance
Sophie Bergheimer, Résistances à l’augmentation de l’humain. L’exemple des sourds
Chloé Payet, Apnée du sommeil et appareil PPC : quand le fantasme habille l’objet
Samuel Lepastier, De la réparation fonctionnelle à l’illusion prothétique prométhéenne

Discutant : François Villa

Conclusion : Jean-Michel Besnier

Intervenants

Ariane Abedam est psychologue clinicienne ; elle développe sa recherche sur la problématique du cancer du sein et prothèse au Centre des maladies du sein (CMS) et dans le service de chirurgie plastique de l’hôpital Saint-Louis.

Sophie Bergheimer est psychologue clinicienne et psychothérapeute ; elle travaille sur la problématique des implants cochléaires chez le sujet sourd au Maillon Blanc, unité d’accueil et de soins pour sourds, aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg.

Jean-Michel Besnier est philosophe, professeur à l’Université Paris-Sorbonne (chaire de philosophie des technologies d’information et de communication), responsable du pôle de recherche « Santé connectée et humain augmenté » à l’Institut des sciences de la communication (ISCC).

Hervé Chneiweiss est directeur de recherche au CNRS, neurologue, neurobiologiste, laboratoire Neurosciences Paris-Seine (Inserm, CNRS, UPMC), président du Comité d’éthique de l’Inserm.

Veronique Donzeau-Gouge est professeure en informatique (Cnam), chercheuse associée au pôle « Santé connectée et humain augmenté » de l’Institut des sciences de la communication (ISCC). Elle est aussi déléguée scientifique à l’HCERES dans le domaine de l’informatique et elle a été directrice scientifique adjointe de la Mission pour l’interdisciplinarité (MI) du CNRS.

Samuel Lepastier est psychiatre, membre titulaire de la Société psychanalytique de Paris, directeur de recherche à l’Université Paris Diderot, chercheur associé à l’Institut des sciences de la communication (ISCC).

Cristina Lindenmeyer est psychanalyste, maître de conférences HDR à l’Université Paris Diderot, membre du CRPMS, chercheuse associée au pôle de recherche « Santé connectée et humain augmenté » de l’Institut des sciences de la communication (ISCC), en délégation au CNRS (2016-2017).


Judith Nicogossian est philosophe et docteur en anthropologie bioculturelle. Elle est l’auteur de La norme du corps hybride. Une éthique de la reconstruction et de l’amélioration du corps humain en chirurgie (L’Harmattan, 2016).

Chloé Payet est psychologue clinicienne ; elle développe sa recherche sur la problématique de l’apnée du sommeil et l’appareil PPC au Centre du sommeil de l’hôpital Bichat à Paris.

Maria Livia Moretto est psychanalyste, professeure et présidente de la commission de recherches à l’Institut de psychologie de l’Université de Sao Paulo (USP, Brésil).

François Villa est psychanalyste, professeur à l’Université Paris Diderot, directeur du CRPMS, membre du Comité exécutif du LabEx Who Am I ? Déterminant de l’identité : de la molécule à l’individu, co-responsable avec Céline Lefève du programme pluridisciplinaire USPC « La personne en médecine ».