Avec Benjamin Pelletier, formateur en management interculturel, maître de conférences honorifique à l’École des Ponts et Chaussées. Auteur de plusieurs récits littéraires, dont le dernier, Toujours plus à l’est, est paru en 2016 aux éditions Picquier.

Mardi 25 avril 2017, 16h à 18h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro « Les Gobelins »

Inscription à c.meyer75@icloud.com

 
Séminaire Communication en milieu désorganisé

Risques et catastrophes : enjeux culturels et interculturels

 
25 avril 2017, 16h à 18h, ISCC

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Résumé

Au cours de la séance du mardi 28 février 2017, nous avons vu comment les cindyniques permettent d’identifier de manière rationnelle et rigoureuse les risques même lorsque ceux-ci se manifestent par des signaux faibles, comment elles permettent de les mesurer, de les hiérarchiser et de les prévenir. Mais nous avons aussi vu certaines des limites de cette approche des sciences du danger. L’une de ces limites concerne leur pertinence dans les pays du Sud qui sont pourtant les plus touchés par des catastrophes naturelles. Bien que ceux-ci reçoivent depuis longtemps une aide des pays du Nord sous forme de transferts d’expériences, de transferts de technologies et de transferts de connaissances, le nombre des victimes ne fait que s’accroître (voir par exemple le séisme au Népal) et la désorganisation du milieu s’étale de plus en plus dans le temps (Haïti en représente sans doute l’exemple archétypal).

Une approche prenant en compte les facteurs anthropiques et les facteurs structurels d’origine historique et culturelle permettrait sans doute de mieux comprendre les causes de vulnérabilité des populations et les problèmes de communication en milieu désorganisé qui y sont liés (l’implicite de certaines cultures, l’impensable dans d’autres par exemple). Ce qui passe par un dialogue accru et une meilleure intégration des spécificités culturelles des sociétés concernées, intégration aboutissant à une véritable construction sociale du risque et à une prise en compte d’une culture des catastrophes héritée du vécu et de l’imaginaire des populations.

Existe-t-il des compétences interculturelles, des savoirs d’action qui s’avèreraient opératoires pour une communication dans un milieu désorganisé par une catastrophe ? Peut-on imaginer aller jusqu’à parler d’intelligence culturelle ? L’humilité culturelle si difficile à mettre en œuvre par des experts venus du Nord, l’écoute des savoirs des populations locales, la mémoire des catastrophes en sont des exemples. En existe-t-il d’autres ? C’est à ces questions et à d’autres que tentera de répondre Benjamin Pelletier au cours de cette séance du séminaire.