Crédits image : « Première assemblée du Bureau des longitudes établi par décret du 7 messidor (25 juin 1795). Le 18 messidor l’an III de la République », Les procès-verbaux du Bureau des longitudes, licence CC BY-SA 3.0, Bibliothèque de l’Observatoire de Paris et Bureau des longitudes.

Avec Martina Schiavon (Laboratoire d’histoire des sciences et de philosophie / Archives Henri Poincaré UMR 7117 CNRS, Université de Lorraine).

Jeudi 2 mars 2017, 17 à 19h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »

 
Séminaire Histoire des sciences, histoire de l’innovation

Le projet Bureau des longitudes (1795-1932) : de la valorisation du patrimoine à la recherche

 
2 mars 2017, 17 à 19h, ISCC

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Résumé

Créé en 1795, le Bureau des longitudes a été un lieu collectif d’expertise et de conseil pour l’État, et a administré la science et la technologie françaises tout en étant son porte-parole sur la scène internationale. Il a joué un rôle de premier plan dans l’organisation et le développement de l’astronomie et de la mécanique céleste, l’adoption du système métrique décimal, la définition et la réalisation d’échelles de temps, l’émission et la transmission de signaux horaires, le développement de la physique du globe et de la géodésie dynamique, et l’organisation des grandes expéditions scientifiques. Petite académie scientifique et technologie, le Bureau des longitudes existe encore aujourd’hui, mais son histoire demeure peu connue.

Lors de ce séminaire, j’illustrerai dans un premier temps les projets qu’ont permis de valoriser un patrimoine d’archives inédit : les procès-verbaux des séances du Bureau des longitudes de 1795 à 1932. Ces documents comportent de nombreux manuscrits rédigés par ses prestigieux membres (Laplace, Poincaré, Lagrange, Arago, etc.), dont certains sont totalement inconnus des chercheurs. On y trouve également de nombreuses lettres inédites ainsi que des dossiers scientifiques et techniques dont la plupart n’ont jamais été publiés. En s’appuyant sur cette source d’une richesse exceptionnelle et désormais accessible sur un site web dédié (http://bdl.ahp-numerique.fr/), un consortium de 34 chercheurs s’est donné pour objectif d’écrire l’histoire du Bureau des longitudes dans le cadre du projet ANR BDL 1795-1932 (2016-2020).

Dans un deuxième temps, en suivant notamment le parcours d’Hervé Faye, je montrerai comment les procès-verbaux permettent d’étudier les activités et l’évolution de la géodésie aux 19e – début 20e siècles. Il devient en particulier possible, grâce aux procès-verbaux, de dessiner le périmètre d’action et d’influence des membres du Bureau des longitudes en France et à l’étranger, d’étudier la géodésie dans un contexte de rivalité international et d’établir une géographie de la diffusion des innovations scientifiques et techniques dont cette institution a été porteuse. Plus généralement, les procès-verbaux nous permettent de suivre sur la longue durée les activités et les évolutions de la science et de la technologie françaises, entre professionnalisation et patronage, confrontation avec les pairs et relations personnelles.