Avec Xavier Guchet, professeur de philosophie des techniques à l’Université de technologie de Compiègne, auteur de La médecine personnalisée. Un essai philosophique (Les Belles Lettres, 2016).

Vendredi 10 mars 2017, 10h à 12h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »

→ Inscription auprès de cristina.lindenmeyer@cnrs.fr

 
Séminaire Le corps augmenté et ses symptômes

La médecine des méga-données : les nouvelles modalités de "l’extériorisation" technique du biologique

 
10 mars 2017, 10h à 12h, ISCC

Accueil > Évènements > Séminaires et ateliers réguliers > Le corps augmenté et ses symptômes > 2016/2017

 

Résumé

La recherche biomédicale passe aujourd’hui par la collecte de données massives et par le traitement de ces données au moyen des biostatistiques et de la bioinformatique en vue de leur conférer une signification biologique et/ou médicale. Ces données sont très diverses – données de séquences (de nucléotides, d’acides aminés etc.), lignées cellulaires, sang de cordon etc. Elles sont stockées dans des biobanques où elles passent par un ensemble de procédures destinées à les calibrer pour la recherche (ce qui soulève l’épineuse question des standards communs), et font l’objet d’un contrôle qualité minutieux. Une littérature récente a proposé un concept pour décrire ce processus de transformation d’entités biologiques en outils de la recherche biomédicale, par transposition de ces entités dans des espaces extracorporels – les bases de données, les biobanques, les arènes publiques où les enjeux éthiques de la médecine des méga-données sont débattues etc. : ce concept, le « bio-objet », et le concept associé de « bio-objectification », visent à décrire les nouveaux processus d’extériorisation du biologique dans des dispositifs techniques d’un nouveau genre. Sur la base d’un exemple – les biomarqueurs – l’exposé entend examiner en quoi consistent ces processus, et en quoi ils ne se laissent pas ressaisir par la célèbre thèse de la « projection d’organes » que Canguilhem considérait comme la pointe avancée d’une philosophie biologique de la technique.