Séminaire Communication en milieu désorganisé

Penser une culture du risque : l’approche des cindyniques

 
28 février 2017, 16h à 18h, ISCC

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Intervenants

Guy Planchette, président d’honneur, Institut de maîtrise des risques. Acteur de référence, l’Institut de maîtrise des risques a pour vocation d’aider les entreprises et les organismes publics à adopter, face aux risques, une démarche préventive, systémique et globale.

Jan-Cédric Hansen, docteur en médecine, consultant en stratégie de communication et pilotage de crise StratAdviser Ltd, membre du conseil d’administration de la Société française de médecine des catastrophes.

Présentation

Ce séminaire s’inscrit dans le prolongement d’une réflexion initiée par Jacques Perriault et s’intéresse aux problèmes d’information et de communication qui se posent dans des milieux désorganisés. En effet, différents travaux (Roux-Dufort, 2003 ; Souad Ait Ouarab-Bouaouli, 2008) montrent que la communication en milieu désorganisé se trouve à la convergence de deux rationalités, la rationalité des populations d’une part, la rationalité des institutions d’autre part. La matrice de la rationalité des populations devrait être la culture des catastrophes alors que celle des autorités est pour une large part technique.

La culture des catastrophes est constituée de pratiques ancestrales, de savoirs tacites, de croyances et de l’imaginaire des populations. Dans les sociétés modernes, elle est pour une grande part oubliée. En témoignent, par exemple, les stèles tsunami de Fukushima ou les stèles le long de la Nartuby dans la Var. À la place, de la culture des catastrophes se met en place une culture du risque basée sur une approche scientifique et technique.

Les cindyniques (du grec Kyndinos, danger) représentent l’une de ces approches. Elles étudient les dangers et les risques dans les sociétés et leurs préventions. Le terme a été défini dans les années 1990, puis popularisé en 1995 par Georges-Yves Kervern. Celui-ci a essayé de préciser le champ, les problématiques, les concepts, les méthodes d’une discipline conçue comme nouvelle, radicalement différente des approches des sciences qui étudiaient ou prenaient en compte jusqu’alors les risques.

À la différence de ces sciences très diverses, les cindyniques approchent les risques par une démarche globale, systémique et rigoureuse. L’approche cindynique a ainsi permis d’identifier dix déficits systémiques qui se combinent à l’infini pour faciliter l’irruption de l’accident qui conduit à la catastrophe. Cet enchainement suit un continuum qui commence avec le danger (capacité de menace), puis le risque (éventualité plus ou moins incertaine), la menace, la tension critique (situation d’équilibre apparent, mais précaire), l’accident (événement stochastique qui transforme la situation critique en catastrophe). C’est l’étape finale aboutissant à un état qui perdure : le milieu désorganisé dans lequel les structures habituelles sont abîmées ou détruites, état pouvant engendrer une atteinte grave à la cohésion sociale.

L’approche cindynique offre aussi d’autres outils conceptuels comme le concept de défense en profondeur ou la modélisation à travers un espace à cinq dimensions de l’enchaînement de la série de causes et de faits à l’œuvre dans la genèse de la catastrophe.

Prochaines séances

- Mardi 18 avril 2017, 16h à 18 h, ISCC
- Mardi 16 mai 2017, 16h à 18h, ISCC