Crédits photo : EwigLernender, "Aspekt der Permakultur : Enten und Gänse als Gartenhelfer", 2006, photographie sous licence CC BY-SA 3.0, disponible sur Wikimedia Commons.

Avec François Léger, ingénieur agronome, docteur en écologie et enseignant-chercheur à AgroParisTech.

Lundi 27 février 2017, 17h à 19h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »

 
Séminaire de l’ISCC

Agroécologie, permaculture et rentabilité économique

 
27 février 2017, 17h à 19h, ISCC

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Résumé

Encore très confidentielle il y a quinze ans en France, la permaculture semble devenue le référentiel majeur des courants les plus radicaux parmi les porteurs de projets de retour à la terre et d’installation agricole hors cadre familial.

Ces courants ressemblent à bien des égards a ceux où est née la permaculture à la fin des années 1980. Mais que gardent-ils aujourd’hui de la permaculture née à cette époque en Australie ? Que devient la permaculture quand elle prétend s’appliquer à des fermes « professionnelles » françaises ? Qu’est ce qui explique que des fermes installées dans des modèles alternatifs en maraîchage biologique (très petites surfaces, peu mécanisées, offre diversifiée distribuée en circuits courts...) qui ignoraient la permaculture s’y intéressent désormais, voire s’en revendiquent ? Quelle est la part dans cet engouement de l’attrait de quelques expériences très médiatisées et de la possibilité, à travers le mot de permaculture, de donner une visibilité à des projets qui, au-delà de l’expérience personnelle, se revendiquent d’une autre conception du monde et de de notre rapport à la nature ?

C’est à ces questions que j’essaierai de répondre, profitant de ma position privilégiée de chercheur acteur et observateur de ce phénomène.

Discutant : Jean Foyer, chargé de recherche au CNRS (ISCC), responsable du pôle Gouvernance environnementale et controverses sociothechniques, co-responsable du séminaire Gouverner le vivant.

Ingénieur agronome et docteur en écologie, François Léger est enseignant-chercheur à AgroParisTech depuis 2002 et ingénieur de recherche du ministère de l’agriculture. Après avoir axé ses travaux autour de la conciliation entre agriculture et biodiversité dans l’élevage, il s’intéresse désormais à la mise en œuvre de ce qu’il appelle une « agroécologie forte » au travers d’une approche interdisciplinaire. Depuis fin 2011, en collaboration avec l’Institut national de la recherche agronomique, il conduit l’étude « Maraîchage biologique permaculturel et performance économique » et teste la performance économique de la petite exploitation en permaculture de la ferme du Bec-Hellouin en Normandie. Permaculture. Guérir la terre, nourrir les hommes fait état de cette expérience ; il en signe la postface en posant la question : est-il possible de créer un revenu à temps plein à partir de la récolte de 1000 m2 cultivés ?