Avec Adeline Blaszkiewicz, doctorante en histoire contemporaine (CHS, Paris 1 Panthéon Sorbonne).

Jeudi 15 décembre 2016, 17h à 19h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »

 
Séminaire Histoire des sciences, histoire de l’innovation

Innovations et rationalisation dans la gestion de la production de l’armement en guerre : l’exemple du ministère Thomas (1915-1917)

 
15 décembre 2016, 17h à 19h, ISCC

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Résumé

La Grande Guerre fut perçue comme une « guerre de sciences et de machines » (Paul Painlevé), ainsi que comme « une formidable expérience économique et sociale » (Albert Thomas). Avec le tournant de la guerre de position en 1915, et son installation dans la durée, l’État s’adapte et crée de nouveaux services spécifiquement dédiés à la gestion du conflit. C’est le cas du sous-secrétariat d’État à l’artillerie et aux munitions (SSEAM) confié au député socialiste et normalien Albert Thomas qui doit prendre en charge la production d’artillerie et de munitions, de même que la gestion de la main-d’œuvre des usines de guerre. La priorité semble alors donnée à une productivité accrue, dans un contexte de concurrence avec l’ennemi allemand. Si la place des innovations techniques est alors centrale dans le débat public, elle est plus ambigüe aux yeux des services de l’Armement : favorisées si elles permettent d’accélérer rapidement la production de guerre, elles ne semblent pas être la priorité des services de Thomas, dont les relations avec la direction des Inventions placée sous l’égide du ministère de l’Instruction confié à Painlevé depuis novembre 1915, semblent difficiles. Jaloux de ses prérogatives, le SSEAM s’empare pourtant de ces questions et favorise les expérimentations immédiatement applicables au détriment des recherches de longue haleine, ce qui se trouve à l’ordre du jour dans le Bulletin des usines de guerre, véritable organe de « propagande » du service désormais érigé en ministère de l’Armement. La création de ce nouveau service est surtout un bon exemple du processus de rationalisation administrative au service d’un projet réformiste qui passe principalement par des innovations sur le plan social.