Avec Dominique Trudel, ISCC et Université du Québec à Montréal.

8 décembre 2016, 17h à 19h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »

 
Séminaire Histoire des sciences, histoire de l’innovation

La Tour Lumière Cybernétique de La Défense (1963-1978) : éléments pour une histoire technique et politique

 
8 décembre 2016, 17h à 19h, ISCC

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Résumé

À partir de 1963, le projet de construction d’une Tour Lumière Cybernétique à Paris a suscité un grand intérêt dans l’opinion publique, dans différents cercles artistiques et scientifiques ainsi que chez de nombreux politiciens et administrateurs. Jamais construite, la tour imaginée par l’artiste franco-hongrois Nicolas Schöffer (avec la collaboration de Philips) devait être plus haute que la tour Eiffel et constituer l’emblème du nouveau quartier de La Défense et l’épicentre de la « ville cybernétique » de Paris. En juillet 1967, Paris Match consacrait d’ailleurs un dossier spécial à ce « mobile cybernétique fulgurant d’éclairs et de flashes polychromes », soulignant que « de tous les projets étudiés officiellement pour le Paris nouveau, celui-ci est le plus gigantesque ».

Ce séminaire propose d’explorer les contextes politiques et techniques qui ont contribué au développement et à l’adoption du projet (qui a notamment été soutenu par Malraux, de Gaulle et Pompidou) ainsi qu’à son éventuel abandon. D’une part, nous aborderons les grands projets urbanistiques de l’époque, notamment le plan d’aménagement du quartier de La Défense préparé par l’EPAD (1964) et le Schéma directeur de l’aménagement de l’urbanisme de la région de Paris (1965). D’autre part, nous étudierons l’articulation du projet de Schöffer aux politiques de développement des secteurs de l’informatique et des télécommunications. Tandis que l’échec d’Unidata (1975) a compromis les rapports entre Philips et l’administration, le passage d’une informatique des super-ordinateurs à celle des réseaux décentralisés et à la « télématique » (Nora-Minc, 1978) a marqué l’adoption d’un nouveau paradigme dans lequel la Tour Lumière Cybernétique n’était plus soluble.