Avec Mohammed Taleb et Denis Chartier.

Vendredi 20 mai 2016, 10h30 à 12h30

Muséum national d’histoire naturelle
Amphi Rouëlle
47 rue Cuvier, Paris 5e

 
Séminaire Gouverner le vivant

Écopsychologie, écospiritualité et écosocialisme : de nouveaux espaces pour l’écologie et la solidarité internationale

 
20 mai 2016, 10h30 à 12h30, MNHN

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- Invité : Mohammed Taleb, philosophe
- Discutant : Denis Chartier, géographe, Université d’Orléans et MH

Ce séminaire entend montrer qu’une écologie exigeante ne saurait se réduire à la seule protection de la faune et de la flore, et encore moins au dressage de nos comportements (avec les fameux gestes éco-citoyens promus par le non moins fameux « développement durable »). Parce qu’elle repose sur une vision holistique et humaniste, elle sait voir les liens entre la dégradation de l’environnement, les impasses de notre modèle de consommation, certains problèmes de santé publique, les injustices sociales et les guerres. Mais, par delà ces constats alarmants, l’écologie aborde de nouvelles questions en proposant de nouvelles orientations pour la pensée et l’action. À travers l’écosocialisme, l’écologie défend la centralité de la justice sociale pour lutter contre la marchandisation du monde. À travers l’écospiritualité, l’écologie rencontre le pluralisme des cultures et des imaginaires, et une manière peut-être plus intime de se relier à la Nature vivante. À travers l’écopsychologie, l’écologie souligne que si la transformation de soi est une condition nécessaire à la transformation du monde, l’inverse est également vrai : il faut transformer le monde pour oser les chemins de l’épanouissement personnel. Le soi, le monde et la Nature, loin de s’opposer, interagissent les uns avec les autres. Ces orientations, éthiques et politiques, philosophiques et pratiques, sont les axes du réenchantement de notre rapport au monde. Ce séminaire sera consacré à la présentation de ces différentes écoles de pensées et de leur production théorique aussi bien au Nord qu’au Sud de la planète.

Présentation de l’intervenant

Philosophe algérien, Mohammed Taleb enseigne l’écopsychologie et l’éducation relative à l’environnement à Lausanne. Il s’est formé dans cette dernière discipline à l’Université du Québec à Montréal, sous la direction de Lucie Sauvé. Il préside l’association de philosophie « Le singulier universel ». Il est membre du Groupe de recherche sur l’éco-formation (GREF). Depuis de nombreuses années, il travaille sur les interactions entre spiritualité, critique sociale, dialogue interculturel et science. Il se situe dans le cadre des perspectives philosophiques ouvertes par Paulo Freire, Frantz Fanon, Leonardo Boff, Edward Said, Rabindranath Tagore, Karl Marx, Alfred North Whitehead, Gilbert Durand, ou encore James Hillman. Il a publié récemment Éloge de l’Âme du monde (Entrelacs, 2015), Theodore Roszak. Vers une écopsychologie libératrice (Le Passager clandestin, 2015), Nature vivante et âme pacifiée (Arma Artis, 2014) et L’écologie vue du Sud. Pour un anticapitalisme éthique, culturel et spirituel (Sang de la Terre, 2014). Il a coordonné avec Pascal Galvani et Gaston Pineau Le feu vécu (L’harmattan, 2015). Il a également participé à plusieurs ouvrages collectifs consacrés à Alfred North Whitehead, au dialogue « science et islam », à la théologie de la libération. Il collabore régulièrement au Monde des Religions. Il anime plusieurs sites d’analyse : Droits des peuples/Rights of Peoples, mémoire des luttes anti-impérialistes et justice écologique et Écopsychologie, écologie et philosophie organique.