Avec la participation de Suzanne Rabeau et Gabrielle Bouleau.

Vendredi 8 avril 2016, 10h30 à 12h30

Muséum national d’histoire naturelle
Salle Baleine 1
57 rue cuvier, Paris 5e

 
Séminaire Gouverner le vivant

Que produisent les indicateurs de biodiversité en termes de ressources stratégiques ?

 
8 avril 2016, 10h30 à 12h30, MNHN

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Cette séance sera organisée autour de deux interventions qui se répondent autour de la question de l’apport stratégique des indicateurs en environnement.

1. Les indicateurs de biodiversité entre connaissances et actions : impasses, détours ou raccourcis pour les stratégies environnementales ?, Suzanne Rabaud (AgroParisTech et MNHN-CESCO).

Depuis une vingtaine d’années les indicateurs de biodiversité se sont multipliés à toutes les échelles de l’action publique. Cette intervention s’attachera à décrire le rôle stratégique joué par ces indicateurs à l’interface entre connaissances et actions, pour les acteurs qui portent des enjeux de biodiversité. Les indicateurs contribuent aussi bien à des stratégies d’intervention sur le système d’action, de manière à ce que la prise en charge de la biodiversité soit améliorée, qu’à des stratégies de positionnement pour modifier les relations de pouvoir et les rendre plus favorables à ces acteurs. Dans un contexte actuel qui tend à favoriser l’expertise scientifique plus que l’action militante, les indicateurs de biodiversité s’insèrent souvent dans des stratégies efficaces pour jouer sur une forme de déconnexion temporaire entre connaissances et actions et améliorer le positionnement des acteurs d’environnement. L’intérêt spécifique des indicateurs repose ainsi en partie sur leur potentiel à simultanément connecter et déconnecter connaissances et actions en fonction des besoins stratégiques.

2. La construction socio-politique et l’utilisation des indicateurs écologiques ou qu’y a-t-il de politique dans les indicateurs écologiques ?, Gabrielle Bouleau (Irstea - ADER).

À partir de controverses ayant émaillé la construction et l’usage de six indicateurs écologiques, un cadre conceptuel est proposé pour étudier les cadrages véhiculés par ces indicateurs et la manière dont ils peuvent ou non constituer des ressources dans une arène politique. Il s’agit d’étudier les opérations de catégorisation et de quantification de l’environnement utilisées pour construire ces indicateurs. Comme d’autres représentations simplifiées du réel, ces indicateurs constituent des conventions sociales qui regroupent, mais aussi excluent, certaines réalités environnementales distribuées dans le temps et l’espace. De ce fait, elles peuvent s’aligner ou s’opposer à des processus politiques de construction territoriale ou de mobilisation autour d’une cause. La construction et l’utilisation sociale de ces indicateurs doit également être analysée à la lumière des contraintes des financeurs et des utilisateurs de ces outils en tenant compte des effets d’inertie, des potentiels de justification et des échelles de décision.