Crédits image : William Playfair, “Linear Chronology, Exhibiting the Revenues, Expenditure, Debt, Price of Stocks and Bread, from 1770 to 1824”, 1824, œuvre du domaine public disponible sur Wikimedia Commons.

Avec Jean-François Dunyach, maître de conférences en histoire moderne, Université Paris-Sorbonne, directeur du GDR 3434 « Mondes britanniques ».

Jeudi 4 février 2016, 17h à 19h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »

 
Séminaire Histoire des sciences, histoire de l’innovation

William Playfair (1759-1823), le chiffre et la forme. Petite histoire de la naissance et de la diffusion des représentations statistiques (c.1780 - c.1820)

 
4 février 2016, 17 à 19h, ISCC

Accueil > Recherche > Séminaires réguliers > Histoire des sciences, histoire de l’innovation

 

Résumé

Père des représentations statistiques contemporaines, que ce soit le diagramme linéaire, l’histogramme ou le figuré circulaire (le fameux « camembert »), l’Écossais William Playfair (1759-1823), offre un remarquable exemple de l’action insoupçonnée, mais parfois décisive, de certains agents apparemment secondaires dans la constitution de la science officielle et les transferts intellectuels en Europe à la fin du xviiie siècle.

Cette communication se propose d’aborder certaines des modalités de la constitution de cette branche de la statistique, entre Grande-Bretagne et France, qui mettent en œuvre tout l’éventail des réseaux, clientèles et patronages de la science à la fin de xviiie siècle. Outre les conditions de l’élaboration de ces représentations, nous nous proposons de faire un état de la statistique, notamment en Grande-Bretagne, à la fin du xviiie siècle, et comment le principe de la représentation graphique de celle-ci a éclos. Notre réflexion portera notamment, à travers l’analyse de certaines structures de sociabilité (cercles, sociétés, clubs, etc.), sur les relations entre les différents « niveaux » des Lumières de part et d’autre de la Manche, depuis les « hautes » Lumières censées régir les institutions destinées à la formation des savoirs, jusqu’aux figures longtemps jugées mineures, leurs réseaux et leurs modalités d’action sur la science « officielle » de l’époque.

La figure de Playfair, constamment à la marge de ces différents cercles de part et d’autre de la Manche, permettra d’articuler la réflexion entre domaine britannique et continental, occasion d’un retour sur les formes sociales de la réception de l’innovation scientifique à la charnière de la Révolution française.