Jeudi 26 novembre 2015, 8h30 à 13h

Sorbonne, Salle J 636, esc. G (3e ét. droite)
Entrée par le 54 rue Saint-Jacques, Paris 5e

Contact : Gilles Fumey

 
Séminaire Penser l’alimentation de demain

Le Grand Paris qui mange

 
26 novembre 2015, 8h30 à 13h, Sorbonne

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Programme

- Gilles Fumey et Dominique Pagès, « Les métropoles qui mangent et se le disent : des patrimoines, des lieux et acteurs culturels »

Penser les promesses culturelles, politiques, économiques et sociales d’un système alimentaire vertueux : la pertinence des approches communicationnelles.

- Mireille Ferri (directrice de l’AIGP, Atelier International du Grand Paris) (sous réserve), « Le Grand Paris, du projet à l’institution : penser les nouvelles formes culturelles de la citoyenneté métropolitaine »

Le 1er janvier le Grand Paris institutionnel adviendra. Son appropriation citoyenne, la compréhension de son projet passent par des actions culturelles et solidaires dont l’inventivité devient un défi pour faire évoluer les perceptions, les représentations et les pratiques en place. Du Paris au Grand Paris, il n’est pas question avant tout d’un changement de périmètre mais bien d’un nouveau rapport au territoire, à sa diversité et à son parcours.

Les thématiques de l’alimentation, du culinaire et de la gastronomie deviennent ainsi des entrées transversales d’une grande pertinence pour comprendre les mutations en cours, de manière inédite et globalisée.

- Dominique Pagès (MCF Celsa), « Le Grand Paris qui mange : du territoire à la destination, un projet politique, culturel et touristique polymorphe »

Cette intervention d’ouverture reprend et continue les éléments de la présentation du 22 mai 2016 à l’ISCC portant sur « le Grand Paris qui mange » et sur les différents processus de sa fabrique comme métropole ‘fertile’, vivrière et ‘nourricière’.

Partant des mutations en cours des systèmes alimentaires des métropoles et de celles des cultures culinaires et gastronomiques qui s’y cristallisent, elle se propose de relier des projets publics et para-publics, des initiatives militantes et marchandes, des expériences citoyennes et des pratiques habitantes (emblématiques de ces transformations). Il s’agira ainsi de penser communément des initiatives, actuelles ou à venir, tant d’aménagement, d’évènementialisation, de patrimonialisation, de mise en tourisme que de communication et de médiatisation : chacune, au fil de ses discours et de ses promesses, participant au devenir alimentaire du Grand Paris.

Après avoir envisagé les programmes de « urban food policy » à l’international et les enjeux qu’elle recouvre, elle s’attardera sur quelques acteurs qui questionnent activement cette « métropole qui mange ». Et ceci à partir d’interrogations aussi diverses (mais pour autant complémentaires) que celles portant sur la souveraineté, la justice, l’accessibilité et la gouvernance alimentaires ou celle, plus concrète, portant sur les fermes urbaines d’hier, d’aujourd’hui et de demain...

- Hécate Vergopoulos (MCF Celsa), « La ville nourricière : les espaces agricoles urbains et le travail de la terre »

L’objectif de cette intervention est d’étudier quelques réalisations liées à ce que l’on appelle de plus en plus volontiers aujourd’hui « la ville nourricière ». Si la formule est éloquente, c’est qu’elle donne à voir les tensions propres à ce projet qui consiste à transformer un milieu a priori peu fertile (la ville, son bitume, sa pollution) en un terreau nourricier (apiculture, jardins et potagers urbains).

Ce projet qui émerge localement à l’échelle internationale sera étudié à travers le prisme de la nature. Il s’agira ainsi de mettre en évidence le fait que la fabrique de la ville nourricière repose sur un pari simple en apparence : requalifier ces « vides structurants » que sont les « espaces verts » qui contribuent à ordonner la ville et à lui donner sens (Chalat). On se posera ainsi la question suivante : comment « le vert de la ville » cesse-t-il d’être un lieu de loisir et de délassement (parcs et paysages) et comment se fait-il plus qu’un lieu de l’initiative écologique (écosystèmes) pour devenir un véritable lieu du labeur (agricole) et de l’engagement politique (utopie réalisée de la communauté urbaine autosuffisante en opposition aux idéologies de la globalisation) ?

Deux cas seront plus spécifiquement étudiés : celui de La Ferme du bonheur à Nanterre, vieille institution de la petite couronne parisienne, qui pense la culture dans sa pleine polysémie en proposant de cultiver les arts comme on cultive la terre ; et celui de La REcyclerie, nouvelle institution du paysage urbain parisien ayant élu domicile dans l’ancienne gare Ornano, qui propose de promouvoir le Do It Yourself. Ces deux cas nous permettront de mettre en évidence la manière dont « le vert de la ville » peut être investi de valeurs et de pratiques différentes dans le cadre du grand projet nourricier : héritier de la démocratisation culturelle ou promoteur des processus de production dé-standardisés et non-salariés.

- Vincent Callebaut (architecte), Patrimoines de demain, Paris 2050 : vers des fermes urbaines verticales ?

À quoi pourrait ressembler Paris en 2050 ? Cette question que se pose Paris devient bel et bien une question planétaire sur le devenir de nos villes. Smart City, écoquartier, ville autosuffisante, sont autant de projets qui permettent d’avoir une petite idée du modèle de la ville de demain. Ce sont aux fermes urbaines verticales de demain que s’intéressera cette intervention : Vincent Callebaut, qui travaille actuellement sur le dossier des Smart Cities aux côtés de la mairie de Paris, tout questionnant les projets connexes des gratte-ciel en micro-algues et des ponts-jardin habités, présentera notamment le projet de ferme verticale rapatriant la campagne à Porte d’Aubervilliers.

- Constantin Petcou (architecte et sémiologue, fondateur et directeur de AAA – Atelier d’architecture autogérée – et du projet R-Urban)

À partir de références à des expériences concrètes (telle la ferme urbaine de Colombes), il s’agira de situer les dimensions politiques des démarches micro-urbaines et d’une reconstruction de l’espace de proximité à partir des marges, des bords et des interstices de la ville. Comment au fil de fermes urbaines peuvent se constituer une subjectivité collective capable d’appropriations territoriales poreuses et de transformations politiques à partir du quotidien ? La mise en ouvre du projet du Grand Paris peut-elle conforter une démocratisation continue de l’espace de proximité par « agencement jardinier », un agir interstitiel et biopolitique « en bas de chez soi » ?

- Sophie Corbillé et Julien Tassel (MCF Celsa), « De l’assiette au champ : la fabrique du Grand Paris par la cuisine "patrimoniale" »

Dans le cadre d’enquêtes menées dans les quartiers du nord-est de Paris, il apparaît qu’un nombre croissant de restaurateurs font le choix de privilégier les réseaux courts et les produits locaux. Dans quelle mesure ces nouvelles pratiques gastronomiques participent-elles à inscrire le territoire parisien dans le grand Paris ? Quels sont les acteurs de ces nouvelles chaines alimentaires qui se créent (restaurateurs et chefs, agences tels que Cervia, commerçants des boutiques des saveurs, etc.) ? Quels en sont les dispositifs (marque alimentaire territoriale, labels, etc.) ? Il s’agira donc de réfléchir aux pratiques et aux discours des acteurs engagés dans ces processus.

- Sandra Painbéni, European Business School Paris, Lisa C. Thomas, NEOMA Business School – Campus Reims et Angela Bargenda, ESCE International Business School Paris, « Les vignobles urbains au sein du Grand Paris : le cas du Clos de Chantecoq (La Défense) »

Cette recherche a pour objectif d’analyser l’impact des vignobles urbains sur l’écosystème des villes localisées sur le territoire du Grand Paris, en particulier dans quelle mesure les dimensions patrimoniales, culturelles et le management des vignes du Clos de Chantecoq ont un impact sur l’environnement global du quartier d’affaires de La Défense. Parallèlement, le quartier d’affaires sera notamment étudié à travers le cas emblématique du siège social de la Société Générale afin d’identifier comment l’architecture et la place de la culture dans ce lieu peuvent contribuer à un environnement optimal pour les entreprises.

Le cas du vignoble du Clos de Chantecoq fera également l’objet d’une analyse comparée avec d’autres vignobles urbains au sein du Grand Paris.

- Hélène Sallet-Lavorel et Daniel Orentin (directeur des CDT 94 et 93), débat animé par Dominique Pagès et Hécate Vergopoulos, « Les institutions touristiques du Grand Paris qui mange : patrimoines gourmands et offre touristique revisitée ? »

Le Grand Paris intègre les trois départements périphériques que sont le 92, le 93 et le 94. Territoires et destinations, ils s’intègrent progressivement au processus métropolitain tout en affirmant des projets de destination à part entière.

Dans ces projets, la question gastronomique s’affirme, par une offre innovante, par la mise en réseau d’acteurs dont les initiatives, les produits et les services, actuels et à venir, augurent de nouvelles formes de tourisme gourmand. Ainsi les parcours gastronomiques, les visites d’entreprises, le projet de la Cité de la Gastronomie seront envisagés dans ce débat.

- Camille Zéhenne (docteur en SIC, artiste), « Le restaurant, lieu d’ouverture et/ou de clôture métropolitaines ? »

À travers plusieurs exemples de terrains : Brasserie Barbès, La chope de Clignancourt, le petit Joseph Dijon, la recyclerie et le Sonnenkönig (à Saint-Ouen), il s’agira dans cette communication d’éprouver l’intégration des bars et des restaurants dans un quartier, parisien et dit ’périphérique’. Pour ce faire nous avons sélectionné divers lieux symboliques de la gentrification autour d’une ligne droite de Barbès à Saint-Ouen. Le propos est, à partir d’un travail d’observation in situ, de comprendre comment ces espaces s’intègrent dans leur environnement immédiat en observant les seuils et liminaires ainsi que le ratio : prix du demi/prix du m². Comment se montre l’inclusion versus l’exclusion c’est-à-dire La mise en scène de seuil réels et ou symboliques qui organisent l’intégration au territoire parisien et plus avant métropolitain ? Comment ces espaces mettent en scène le lien social et la communauté de quartier ? Enfin comment s’organise la créativité comme appropriation de ces lieux, au prisme des infrastructures ?

- Conclusion, Dominique Pagès et Gilles Fumey

Cultures et communication : le renouvellement des regards et des écritures sur l’alimentation, le culinaire, le gourmand...