LINDENMEYER Cristina

 
MCF, Université Paris-Diderot
Directrice de recherche, CRPMS, EA 3522

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Affiliation

Directrice de recherche, Centre de recherche psychanalyse, médecine et société (CRPMS, EA 3522), Université Paris 7 Diderot, Sorbonne Paris Cité

Maitre de conférences (HDR), UFR Études psychanalytiques, Université Paris 7 Diderot, Sorbonne Paris Cité

Psychanalyste APF (Association psychanalytique de France)

En délégation à l’ISCC en 2016-2017, membre du pôle Santé connectée et humain augmenté

Responsable scientifique du projet Picri (Partenariat institution-citoyens pour la recherche et l’innovation) « Agénésie : des corps incomplets ? »

Parcours

Cristina Lindenmeyer débute sa pratique de psychologue à l’hôpital et CMPP infanto-juvénile au Brésil, travaille ensuite dans des établissements de santé en France et devient psychanalyste. En 1992, elle soutient son DEA, Les facteurs psychiques dans les maladies auto-immunes, à l’Université Paris 7 Diderot, sous la direction de Pierre Fédida. Ce travail développe un parallèle entre les théories de l’immunologie sur l’auto-destructivité cellulaire et l’idée freudienne de la présence chez l’humain d’une force le ramenant à un état antérieur de non excitation. Cette force à certains moments peut s’exprimer par l’auto destructivité au sein de l’appareil psychique lui-même. Nous assistons alors à un paradoxe : l’appareil psychique peut se servir de la destructivité contre la destructivité.

La thématique du corps pulsionnel (vie et mort) devient central dans ses recherches. Dans sa thèse de doctorat soutenue en 1998 sur Approche psychanalytique de personnes soumises aux techniques de détection précoce du cancer, sous la direction de Pierre Fédida, elle met l’accent sur la problématique du corps pulsionnel engagé dans les nouveaux procédés médicaux. Conjointement à ce travail elle suivra pendant 7 ans une supervision avec Joyce McDougall et élabore une réflexion sur la problématique du féminin avec des patients présentant des manifestations somatiques, plus particulièrement des situations de cancer touchant les organes féminins.

En 2006, nommée maître de conférences au sein de l’équipe « Clinique du corps, pratiques sociales et anthropologie psychanalytique » dirigée par Paul Laurent Assoun à l’UFR Études psychanalytiques, elle intègre une dimension anthropologique complémentaire à ses recherches sur la clinique du corps. Depuis cette équipe a intégré le CRPMS. Au-delà de ses travaux antérieurs sur les situations de maladie, elle développe la problématique du féminin inscrite dans les destins pulsionnels, en lien avec une dimension anthropologique, au travers de recherches sur la clinique des troubles alimentaires (anorexie, boulimie et obésité).

Animée par ce questionnement, elle s’engage dans une recherche sur le recours chez certaines femmes aux prothèses esthétiques. Cela lui a permis, d’interroger entre autres les réactualisations de l’hystérie dans le contexte inédit de ce que l’on peut appeler « technosciences du corps ». Partant de la problématique des prothèses esthétiques elle se tourne ensuite vers la question des prothèses réparatrices puis vers les prothèses de performance, appelées d’augmentation. Cristina Lindenmeyer les inscrit ainsi dans une lecture métapsychologique et anthropologique de l’utilisation contemporaine des prothèses dans le domaine de la santé, et engage une réflexion sur le malaise et les modalités des souffrances actuelles.

Ces expériences corporelles nouvelles et inscrites dans un nouvel idéal « prométhéen », soulèvent cependant bien des questions inédites : dans cette offre actuelle de la médecine, en complaisance avec la technoscience, qu’en est-il des destins pulsionnels du sujet ? Serions-nous en train d’assister à la création d’une nouvelle façon d’habiter son corps ? Quels sont les configurations et les enjeux psychiques du « faire corps » avec la prothèse ? Enfin, quels fantasmes viennent nourrir ces objets intégrés au corps et érigés en un idéal corporel parfait ?

Enfin, dans ses recherches, Cristina Lindenmeyer s’appuie sur la problématique du sujet inconscient en lien au corps propre, qu’il s’agit de montrer en situation et de confronter aux apports les plus actuels de la médecine scientifique. Cela suppose un travail interdisciplinaire dans lequel la psychanalyse ne peut qu’être partie prenante, tout en testant sa viabilité à l’heure de défis à la fois inédits et porteurs d’enjeux structuraux pour l’humain.

Thèmes de recherche

- Le corps en psychanalyse
- Les transformations du corps et travail de la culture
- L’humain et ses prothèses : savoirs et pratiques du corps transformé (prothèses esthétiques, réparatrices, augmentation et robotique)
- Destins pulsionnels de la maladie chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte
- Figures du féminin dans la clinique du corps
- Clinique des troubles alimentaires, anorexie, boulimie et obésité
- Les transformations corporelles : puberté, maternité, ménopause
- Changement culturel et destins pulsionnels

Publications récentes

Direction d’ouvrage

Cristina Lindenmeyer (dir.), 2017, L’humain et ses prothèses. Savoirs et pratiques du corps transformé, CNRS Éditions, 284 p.

Articles dans revues à comité de lecture

Cristina Lindenmeyer, 2017, « Agénésie et prothèse : approche psychanalytique du corps "réparé" », Le carnet psy, no 204, p. 34-38. Résumé

Cristina Lindenmeyer, 2016, “The agenetic body : prosthetics, or the new Promethean ideal”, The American Journal of Psychoanalysis, vol. 76, issue 3, p. 255–265, doi:10.1057/s11231-016-9043-8. Résumé

Cristina Lindenmeyer, 2016, « Figuras coreográficas do corpo », Ágora. Estudos em Teoria Psicanalítica, vol. 19, no 3, doi : 10.1590/S1516-14982016003008. Texte intégral

Cristina Lindenmeyer, 2015, « Le corps féminin et la chirurgie esthétique. Une hystérie moderne », Recherches en psychanalyse, no 20, p. 150-161. Texte intégral / Full text

Cristina Lindenmeyer, 2015, « O corpo entre sintoma e cultura », Revista Latinoamericana de Psicopatologia Fundamental, vol. 18, no 3, p. 431-444. Texte intégral