Mardi 23 juin 2015, 15h à 18h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 ou bus 27, 47, 83, 91, « Les Gobelins »

 
Séminaire Communication en catastrophe

Phénomènes de déréalisation et de dépersonnalisation ; leur rôle dans la création de situations catastrophiques

 
23 juin 2015, 15h à 18h, ISCC

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Intervenants

- Dr Jan-Cedric Hansen, Directeur des programmes de développement professionnel continu de la Société française de médecine de catastrophe, Co-pilote du programme de simulation “Icrisis” (partenariat StratAdviser/MinesNancy), Médecin coordonnateur des activités médico-sociales, Centre hospitalier de Pacy-sur-Eure.
→ Danger, catastrophe, stress, déréalisation, dépersonnalisation et passage à l’acte terroriste (pdf, 7 p.) et support de communication (pdf)

- Dr Raymond H. A. Carter, Retraité Colonel de la Gendarmerie nationale, Docteur en droit public et docteur en droit pénal international, Expert auprès de la Commission européenne.
→ Communication et information face à un accident (catastrophe, inondation, etc.) (pdf, 5 p.)

Résumé

Dans les travaux sur les catastrophes, il n’y pas que leur déroulement et leurs conséquences comme objets d’investigation. Il y a aussi, dans bien des cas, les circonstances de leur genèse, comme vient de nous le rappeler la douloureuse affaire de l’Airbus A320. Dans bien des cas, le processus qui y mène a une origine éloignée dan le temps. Mystère qu’en général les enquêtes de terrain mettent du temps à élucider. Le site de la catastrophe connaît les mêmes problèmes liés à l’espace, comme en témoignent le tsunami qui a ravagé les Philippines ou encore le séisme de Boumerdès qui a détruit à distance les câbles sous marins en Méditerranée.

Les causes sont souvent multiples. La première séance du séminaire sera consacrée aux origines de la catastrophe. Nous privilégierons les évènements dans lesquels un problème d’origine humaine joue un rôle déterminant. Nous accorderons une attention toute spéciale au rapport entre l’Humain et la Technique, dont les manifestations catastrophiques sont de plus en plus nombreuses. Que l’on songe aux dernières années : accident nucléaire de Tsukuba, crashes d’avion, pollutions aggravées, attentats terroristes notamment.

Parmi les hypothèses relatives aux facteurs humains intervenant des ces évènements,, nous accorderons une attention toute spéciale au syndrome d’épuisement professionnel, plus communément appelée burnout. Le burnout combine selon Wikipédia « une fatigue profonde, un désinvestissement de l’activité professionnelle, et un sentiment d’échec et d’incompétence dans le travail. Le syndrome d’épuisement professionnel est considéré comme le résultat d’un stress professionnel chronique (par exemple, lié à une surcharge de travail) : l’individu, ne parvenant pas à faire face aux exigences adaptatives de son environnement professionnel, voit son énergie, sa motivation et son estime de soi décliner ». Nous en examinerons plus particulièrement deux aspects fondamentaux : la déréalisation et la dépersonnalisation. La déréalisation est une perte totale du principe de réalité : le sujet n’attache plus de valeur aux évènements et aux contextes qui l’entourent, le conduisant ainsi à un détachement redoutable, tel que dans le pilotage d’avions ou de transports en commun, par exemple. La dépersonnalisation est une dilution de soi dans un environnement indéterminé avec une indifférence qui marque le détachement du sujet par rapport à ses valeurs, ses activités, son relationnel et soi-même. Ces deux facteurs rendent inopérante la communication avec autrui. Le récent « Ouvre cette foutue porte ! » dans le cas de l’A320 ne pourrait-il pas constituer un exemple d’incommunication de ce type ? Refus ad hoc ou communication impossible ?

La pression de l’organisation dans les entreprises, considérablement renforcée par la crise et par la technologie numérique, accroît et maintient de façon permanente et croissante un stress important, peu considéré dans les audits. Nous voyons là qu’une hypothèse causale relie les politiques numériques et certaines catastrophes. C’est ce dont nous débattrons au cours de cette séance.