Ce colloque est organisé à l’initiative de l’équipe du projet Web90 (ANR-14-CE29-0012-01), avec le soutien de l’ISCC et en partenariat avec les projets ENEID (Éternités numériques ANR Sociétés innovantes) et CRI (Corps Réseaux Identités numériques, Université Sorbonne Paris Cité).

 

Appel à communication

Temps et temporalités du Web

 
Envoi des propositions de communication jusqu’au 10 mai 2015

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Si le fonctionnement en temps réel, la promesse de l’instantanéité et l’accélération continue des échanges sont des éléments récurrents des discours fondateurs sur les « nouvelles technologies de l’information et de la communication », force est de constater que celles-ci n’ont aboli ni le temps ni l’espace.
Bien au contraire, les rapports différenciés au temps se sont multipliés et structurent l’expérience contemporaine du numérique : enchâssées dans la longue durée se succèdent les « révolutions » ininterrompues de la technique, tandis que dissimulée derrière l’éphémère du fil de discussion se cache la permanence des données répliquées, et derrière les soubresauts de la toile et des réseaux socionumériques la complexité de l’événement.
Ce sont ces temporalités variées que le colloque souhaite mettre en lumière et interroger, au travers de l’analyse du Web dans ses dimensions passées, présentes et futures, individuelles comme collectives, sociales tout autant que techniques, économiques et politiques. Il s’agira également de prêter une attention particulière aux pratiques qui, de l’hyperconnectivité à la cyberflânerie, des flux de données à l’archivage du Web, font de la toile une expérience nouvelle de la durée et de l’instant.
Cinq axes thématiques permettront à ce colloque interdisciplinaire, à l’initiative de l’équipe du projet Web90 (ANR-14-CE29-0012-01), d’aborder les temporalités propres au Web, celles qu’il induit et celles dans lesquelles il s’insère, dans une perspective diachronique alors que le Web fête ses 25 ans, mais aussi prospective :

Axe 1 : Le Web d’avant

Cet axe accueillera des recherches sur l’histoire du Web, sa périodisation, son insertion dans le temps long (des médias, des moyens de communications, des réseaux, des identités, etc.), ses évolutions en un quart de siècle et ses rythmes d’adoption. Des analyses épistémologiques, historiographiques et méthodologiques sur la manière d’aborder l’histoire du Web, les modalités de son écriture, ses acteurs, seront également les bienvenues. Les sources de l’histoire du Web pourront aussi faire l’objet d’interventions. Le développement d’un patrimoine nativement numérique, la patrimonialisation du Web et les efforts dans des cadres variés pour archiver le Web pourront également constituer un point de départ fécond pour interroger la nostalgie, les représentations, l’instrumentalisation du « Web d’avant » comme la fabrique de son histoire et pour contextualiser ces enjeux mémoriels, patrimoniaux et historiques.

Axe 2 : Logiques et figures de l’oubli

Remise au premier plan par la revendication d’un droit à l’oubli et par la multiplication des demandes de déréférencement adressées par les internautes au moteur de recherche Google, la question de l’oubli se révèle aujourd’hui bien plus centrale qu’on ne l’avait pensé pour appréhender les enjeux et l’évolution d’Internet et du Web. S’il est aujourd’hui principalement assimilé à un effacement des traces à des fins de protection de la vie privée, l’oubli ne saurait néanmoins se réduire à ce seul processus et il apparaît de plus en plus nécessaire de le penser comme une composante majeure de la mise en mémoire. Dans cet axe, on mettra donc en évidence le sens et la diversité des modalités de l’oubli que le Web autorise ou met en œuvre, des logiques d’obsolescence aux friches numériques volontairement créées par les utilisateurs.

Axe 3 : Analyser les mouvements politiques et citoyens au moyen des archives du Web et des réseaux socionumériques – Session entièrement en anglais

L’objectif de cette session sera d’étudier les événements, acteurs et processus qui génèrent des mobilisations en ligne et hors ligne, et le rôle joué par les technologies numériques dans ces mobilisations. Elle sera sensible à l’analyse des transformations des formes de la communication politique telle qu’elle se déploie sur le Web, qu’elle soit portée par des institutions, des individus ou des groupes plus ou moins formalisés, et leur complémentarité avec d’autres formes de communication. Elle cherchera également à saisir les dynamiques de "l’empowerment" des citoyens via les TIC et les usages du Web et des réseaux sociaux en contexte.
La question des temporalités fera bien sûr l’objet d’une attention particulière, qu’il s’agisse de penser le rapport entre rythmes de l’événement d’une part et rythmes de la Toile et des réseaux sociaux numériques d’autre part ; d’envisager les conditions sociales et politiques – par exemple en termes de socialisation ou de politisation – qui favorisent ou freinent l’engagement en ligne ; de réfléchir aux implications à long terme du déploiement de mobilisations en ligne. Les interventions pourront également interroger les méthodologies, besoins et pratiques d’exploitation des archives du Web par les chercheurs lorsqu’il s’agit de saisir dans la durée les mouvements sociaux et politiques.

Axe 4 : La mémoire numérique des données personnelles et biologiques – Session organisée dans le cadre de l’ANR ENEID et du programme USPC Corps, Réseaux, Identités Numériques

Le projet ENEID Éternités numériques - les identités numériques post mortem et les usages mémoriaux du web au prisme du genre, financé par l’appel Sociétés innovantes de l’ANR, et le programme interdisciplinaire Corps, Réseaux, Identités Numériques, de l’Université Sorbonne Paris Cité, sont coordonnés par Fanny Georges.

L’essor fulgurant de l’usage d’Internet, du Web et des réseaux sociaux numériques ces dix dernières années a multiplié les possibilités de communication et d’expression de l’individu tout autant que les possibilités de sa surveillance, avec la numérisation des données identitaires et biologiques. Ces modalités de présentation de soi sur les interfaces numériques ont modifié en profondeur la relation au corps, à la santé et au bien-être, tant en termes de pratiques médicales, de prévention, que de représentations. Les individus peuvent aujourd’hui mesurer par eux-mêmes, et faire mesurer par un tiers, leurs données phénotypiques, génotypiques et biologiques. Cette capacité de mesurer le comportement humain et la participation inédite des usagers à la production de données médicales et biologiques donnent lieu à un phénomène entrepreneurial (le Quantified Self) et un phénomène de société (la mesure de soi). Ce double phénomène, que l’on pourrait associer à l’émergence de croyances en l’amortalité biologique, soulève des problématiques scientifiques, éthiques et juridiques qui seront interrogées au cours de cette session.

Axe 5 : Temporalités humaines et temporalités techniques

Alors qu’ont succédé aux craintes face à la cyberdépendance des années 90 les enjeux posés par l’hyperconnectivité et que certains réclament un droit à la déconnexion, cet axe souhaite interroger les évolutions de notre rapport au temps induit par les usages des réseaux sociaux numériques et plus généralement du Web. L’analyse pourra par exemple porter sur des aspects cognitifs, sociaux ou économiques, mais aussi sur le temps communicationnel, le temps vécu et/ou perçu, la séparation entre les différents temps de l’individu (temps au/de travail, temps de loisir…), et ce au niveau collectif comme individuel, domestique comme professionnel. Slow, cyberflânerie, déconnexion, hyperconnexion seront au centre de cette session.
Celle-ci s’intéressera également à la temporalité des agents techniques. Les robots, bots, et autres automates du Web, leur « vie » par rapport aux usagers de chair et d’os, leurs interactions, leurs rythmes pourront bénéficier d’éclairages s’appuyant notamment sur les Code Studies ou les Infrastructure Studies.

Informations pratiques

D’une durée de 3 jours le colloque se tiendra du 1er au 3 décembre 2015 dans Paris, notamment à l’Institut des sciences de la communication (CNRS, Paris-Sorbonne, UPMC), 20 rue Berbier-du-Mets, 75013 Paris (métro Gobelins).
Il n’y a pas de frais d’inscription et le colloque prendra en charge les pauses café et déjeuners.
Les frais d’hébergement et de déplacement sont à la charge des intervenants.
À la mi-juin 2015, des informations pratiques (hôtels à proximité, déplacements dans Paris, etc.) seront mises à disposition des participants sur le site http://web90.hypotheses.org.

Langues du colloque

Les communications, d’une durée de 15 minutes, pourront être faites en français ou en anglais (sauf pour l’axe 3 entièrement en anglais). En l’absence de traduction simultanée, nous remercions par avance les intervenants en langue française de prévoir une présentation vidéo-projetée en langue anglaise.

Soumission des propositions et calendrier

Les propositions doivent être envoyées à ttow@cnrs.fr.

Elles doivent tenir en une page, préciser une problématique explicite et l’axe thématique dans lequel elles s’insèrent, et intégrer une courte bibliographie. L’auteur(e) peut joindre dans le corps de son message électronique un aperçu de ses travaux et une courte biographie.

Date limite d’envoi des propositions de communication : 10 mai 2015
Notification d’acceptation : 15 juin 2015
Inscriptions : 10 octobre au 15 novembre 2015
Colloque international : 1er au 3 décembre 2015
Vous pouvez retrouver ces informations sur les sites : http://web90.hypotheses.org et www.iscc.cnrs.fr.

Comité de programme

Mélanie Dulong de Rosnay (ISCC - CNRS/Paris-Sorbonne/UPMC, LSE)
Hervé Le Crosnier (Université de Caen Basse-Normandie)
Fanny Georges (MCPN/ CIM/ Sorbonne Nouvelle, ISCC-CNRS)
Louise Merzeau (Dicen-IDF, Paris Ouest Nanterre La Défense)
Francesca Musiani (ISCC – CNRS/Paris-Sorbonne/UPMC)
Camille Paloque-Berges (Cnam/HT2S et DICEN-IDF, Labex Hastec)
Valérie Schafer (ISCC - CNRS/Paris-Sorbonne/UPMC)
Benjamin Thierry (IRICE, Université Paris-Sorbonne)

Comité scientifique

Serge Abiteboul (INRIA & ENS Cachan)
Boris Beaude (Laboratoire Chôros, EPFL, Lausanne, Suisse)
Mokrane Bouzeghoub (Université de Versailles, INS2I, CNRS)
Niels Brügger (The Centre for Internet Studies, Aarhus University, Danemark)
Bart Cammaerts (Department of Media and Communications, LSE, Royaume-Uni)
Valérie Carayol (MICA, Université Bordeaux-Montaigne)
Fabienne Greffet (IRENEE, Université de Lorraine)
Pascal Griset (Université Paris-Sorbonne, ISCC - CNRS/Paris-Sorbonne/UPMC)
Dongwon Jo (ISCC - CNRS/Paris-Sorbonne/UPMC)
Matthieu Latapy (LIP6, CNRS et UPMC)
Christophe Lécuyer (LIP6, UPMC, senior research fellow au Charles Babbage Institute à l’Université du Minnesota)
Cécile Méadel (CSI, Mines ParisTech)
Andrew Russell (College of Arts & Letters, Stevens Institute of Technology, Hoboken, USA)
Marc Weber (Internet History Program, Computer History Museum, USA)