Avec Jean-Marc Wolff, professeur de chaire supérieure au Lycée Henri IV, Paris Sciences et Lettres.

Jeudi 6 novembre 2014, 17h à 19h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »

Diaporama de la séance

 
Séminaire Histoire des sciences, histoire de l’innovation

Les compositeurs de musique et l’ordinateur des années 1950 à nos jours

 
6 novembre 2014, 17h à 19h, ISCC

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Résumé

La rencontre entre les compositeurs de musique savante et les ordinateurs remonte à la seconde moitié des années 1950. Les circonstances de cette mise en relation et l’évolution des usages de l’informatique dans la composition musicale depuis une soixantaine d’années font l’objet de la présente communication. Il s’agit donc d’une étude de cas du tournant numérique.

Trois phases d’une vingtaine d’années chacune peuvent être grossièrement distinguées.

Une première génération de pionniers, très minoritaires et souvent marginaux par rapport aux institutions musicales officielles, recherche l’assistance de machines et la trouve auprès de certains constructeurs. Elle tente de résoudre un certain nombre de problèmes compositionnels spécifiques ; des informaticiens, de leur côté, s’intéressent aux possibilités de traitement et d’émission du son par les machines numériques, la musique étant un peu à leurs yeux au départ un sous-produit. Le côtoiement peut créer les conditions d’un premier échange.

À partir du milieu des années 1970 une seconde génération de compositeurs travaille en symbiose de plus en plus étroite avec des informaticiens au sein de laboratoires de recherche couplant acoustique, informatique et musique. Elle se constitue peu à peu en communauté épistémique mondiale. Vers le milieu des années 1990 l’informatique musicale est désormais bien fondée et semble stabilisée autour d’un ensemble de paradigmes.

Le tournant des réseaux va alors à nouveau faire évoluer rapidement les usages de l’informatique musicale dans le sens d’une relative banalisation de ce qu’il est convenu d’appeler désormais la CAO (composition assistée par ordinateur) au sein de la MAO (musique assistée par ordinateur). En ce qui concerne la musique savante, une troisième génération de compositeurs, digital natives, intègre alors tout naturellement le travail sur ordinateurs, qui fait désormais partie de leur formation et nourrit leurs questionnements et leurs pratiques.

Certains compositeurs en viennent aussi à subvertir la tripartition fonctionnelle classique « composition/interprétation/audition », au profit de nouvelles configurations musicales, utilisant les possibilités offertes par les transformations du matériel informatique et les relatives facilités offertes par les évolutions de l’ingénierie logicielle.