Cinq séances en 2014-2015, 16h à 19h

– 13 octobre et 8 décembre 2014
– 16 février, 2 mars et 18 mai 2015

Institut des sciences de la communication
20, rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »

Dans la mesure des places disponibles, les séances sont accessibles gratuitement mais uniquement sur inscription auprès de Mathilde Miguet.

Elles seront suivies, comme c’est le cas depuis trois ans, par une journée d’étude conclusive qui se tiendra le 1er juillet 2015 à Lyon.

 
Séminaire Ebook – Pratiques et usages d’écrans

Les plateformes de diffusion du livre numérique. Qualifier les médiations

 
18 mai 2015, 16h à 19h, ISCC

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Le séminaire Ebook – Pratiques et usages d’écran, dirigé par Françoise Paquienseguy (Sciences Po Lyon) et Julia Bonaccorsi (Icom, Lyon 2), est rattaché à l’Équipe lyonnaise des sciences de l’information et de la communication (Elico, EA 4147), et organisé en partenariat avec le laboratoire I3M et le pôle de compétitivité Imaginove, avec la collaboration de l’Institut des sciences de la communication du CNRS.

Ce séminaire réunit depuis septembre 2012 des professionnels (éditeurs, bibliothécaires, documentalistes, en charge de la culture dans des collectivités territoriales, négociateurs Couperin…), des universitaires de plusieurs disciplines (économie, communication, histoire, humanités numériques…) et des étudiants avancés de master ou doctorat. Il questionne depuis maintenant 4 ans le livre numérique, sa filière, ses pratiques et les mutations de la lecture.

Cette année, il aura pour thème le rôle et la place des plateformes de diffusion, envisagées comme un renouvellement des médiations. La visée principale du séminaire est de réunir un collectif de chercheurs de différentes disciplines et de professionnels pour questionner à la fois les modalités d’accès aux e-books et le rôle de médiatrices culturelles que les plateformes, commerciales ou non, entraînent et recherchent.

18 mai 2015

- Édouard Morhange, « Le livre de jeunesse justifie-t il des plateformes de diffusion numérique spécifiques ? »

Objet hybride à mi-chemin entre le livre, le dessin animé et le jeu vidéo, l’album de jeunesse numérique peine à trouver sa place sur les plateformes généralistes de diffusion des livres numériques. Compte tenu de ses spécificités, quelles sont les caractéristiques d’une bibliothèque numérique dédiées aux albums de jeunesse ?

Cofondateur en 2013 de storyplayr, une bibliothèque numérique dédiée à l’album jeunesse, Edouard Morhange a participé dès les années 1990 à l’aventure du multimédia français, d’abord chez Montparnasse Multimédia où il participe à la création du CD-Rom Le Louvre, puis en créant avec M. Pierre Tchernia le site http://www.monsieurcinema.fr/, première encyclopédie francophone du cinéma sur le web.

- Julia Bonaccorsi, « "Lire un extrait" : médiations de la lecture numérique des livres d’images dans les librairies et les bibliothèques en ligne »

Goûter avant de s’engager... telle est la promesse faite par certaines plates-formes de vente ou d’abonnement de livres numériques, pour tout ou partie de leur catalogue. Des artefacts numériques de la pratique du feuilletage remplissent ainsi cette fonction. Extraits à feuilleter, images de pages présentées en diaporama, fragmentation de la couverture : les "aperçus", l’invitation à "feuilleter", ou la suggestion de "lire un extrait" constituent autant de médiations de la lecture numérique modalisées par l’interaction commerciale ou encore la démonstration des fonctionnalités d’un logiciel de lecture en ligne. L’expérience de lecture brève et fragmentée permise par ces dispositifs donne également accès à la forme du texte et aux savoir-faire éditoriaux, qu’ils relèvent d’adaptations d’ouvrages imprimés ou de créations numériques. Nous nous intéresserons à ces médiations de la lecture numérique, où se (re)joue la valeur symbolique et culturelle du livre, entre produit et objet culturel. Les "livres d’images" seront au cœur de cette exploration : livres de photographie, bande dessinée et plus particulièrement, albums et documentaires pour la jeunesse. Ainsi, cette communication vise à engager la discussion sur les frottements entre les appareillages de la lecture numérique dans les plates-formes et les énonciations éditoriales de l’image.

Julia Bonaccorsi est professeure en sciences de l’information et de la communication à l’Université Lyon 2 Lumière et membre d’ELICO (EA4147). Ses travaux portent sur la culture écrite et les transformations médiatiques du texte et de l’image, à partir d’analyses situées des formes signifiantes, à la croisée de la sémiologie et de l’ethnographie. Elle est l’auteur de Le devoir de lecture, médiations d’une pratique culturelle, publié chez Hermes-Lavoisier en 2009.

La séance sera animée par Françoise Paquienséguy.

2 mars 2015

- Fabrice Pirolli, « Pratiques « illégales » de partage et de téléchargement de livres numériques : retours sur la naissance de nouveaux espaces de médiation »

L’émergence du numérique dans l’univers du livre pose immanquablement la question de la reproductibilité et de la diffusion des œuvres dématérialisées. Il refaçonne profondément les usages en ouvrant notamment la possibilité de dissocier le contenu informationnel — les œuvres – de la matérialité des dispositifs permettant d’y accéder. De nouveaux modes de stockage et de diffusion des contenus concourent à l’immersion progressive du livre, et en particulier du roman, dans l’univers du Warez et du téléchargement illégal. Bien que n’étant pas totalement nouvelle cette évolution nous semble prendre ces dernières années une ampleur inédite. Aussi nous proposons une réflexion théorique portant sur l’évolution des pratiques de piratage de livres numériques ainsi que sur les enjeux idéologiques et économiques sous-jacents. Nous nous intéresserons également au rôle que peuvent jouer les communautés de partage de livres piratés, notamment en matière de médiation. Enfin nous mettrons en exergue certaines spécificités du livre sur cette question par rapport à d’autres types de biens culturels.

Fabrice Pirolli est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bourgogne, enseignant à l’IUT de Dijon et chercheur au laboratoire CIMEOS, EA 4177. Ses thématiques de recherche concernent principalement les usages des TICN et leurs effets sur les pratiques professionnelles, notamment dans le domaine de l’information-documentation. Il s’intéresse également aux pratiques informationnelles des usagers de systèmes d’information ainsi qu’aux modalités de représentation et de médiation des savoirs en ligne.

- Sylvie Bosser, « Le secteur des beaux livres : prédominance de l’objet-livre face aux expérimentations d’édition numérique »

Si les catalogues d’exposition font désormais régulièrement l’objet d’une publication qui se trouve, pour un certain nombre, enrichie, l’examen du secteur des beaux livres laisse à penser que ce dernier en est encore, quant à lui, au stade de l’expérimentation. On s’attachera ici à dégager un premier bilan d’initiatives menées dans un secteur où la forme, c’est-à-dire l’objet-livre, reste encore nettement consubstantielle au fond. Ce travail s’inscrit dans un projet du labex Arts-H2H de Paris 8 intitulé : « Catalogues d’exposition augmentés : zones de test » dirigé par Alexandra Saemmer. Le projet du labex s’intéresse en priorité aux catalogues d’exposition augmentés ou enrichis. Dans ce cadre, il nous a semblé intéressant d’élargir la réflexion au secteur des beaux livres, secteur dans lequel prennent place les catalogues d’exposition qui représentent plus de la moitié des meilleures ventes du rayon beau livre.

Sylvie Bosser est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris 8 et chercheuse au laboratoire CEMTI (EA 3388). Elle s’intéresse à la sociologie de la traduction et aux stratégies numériques des éditeurs de littérature. Elle participe au projet du labex Arts-H2H de Paris 8 « Catalogues d’exposition augmentés : zones de test » dirigé par Alexandra Saemmer.

Françoise Paquienséguy animera cette séance.

16 février 2015

- Valérie Jeanne-Perrier, « La représentation et de l’évocation de l’espace du kiosque dans la vente en ligne de la presse et des livres »

Le kiosque de presse est un lieu de vie et d’échange marchand fort, dans l’histoire des médias et de la presse, comme celui de l’édition littéraire ; le lieu physique parisien du kiosque "Hachette" ou celui des gares "Relay" dessine une relation aux produits d’éditions, mis en scène et proposés aux lecteurs et usagers qui sont co-présents dans un temps assez court à la fois de sélection, repérage et achat de journaux et livres. Avec les nouvelles modalités numériques d’accès à ces produits culturels, le kiosque ne disparaît pas ; comme beaucoup de dispositifs numériques, le kiosque numérique est métaphorisé et proposé selon des logiques éditoriales et de mises en scène renouvelés, mêlant jalons connus et focalisations sémiotiques choisies par les acteurs de la médiation marchande numérique que sont les constructeurs de matériel et les éditeurs. Pendant cette séquence seront donc examinées les figures de la métaphore du kiosque lorsque celui-ci désigne un site de vente de produit d’édition, sous la forme d’une application. De manière parallèle, sera évoquée la nouvelle politique de mise en scène des kiosques physiques (IRL), poussée depuis 3 ans par le syndicat de la presse magazine, faisant la part belle aux écrans pour accéder aux produits numérisés.

Valérie Jeanne-Perrier est professeure des universités au Celsa, Université Paris-Sorbonne et membre du Gripic.

- Christian Robin, « Éditeurs de livres imprimés et plateformes de distribution numérique, enjeux et pratiques »

Les relations entre éditeurs de livres imprimés et acteurs de leur distribution sont codifiées depuis des décennies. Les services rendus et leurs rétributions sont clairement identifiés et sauf nouvel entrant de poids ne se modifient qu’à la marge. Il en est de même depuis plus de 30 ans pour les positions de chaque acteur.

Or, le développement de la diffusion numérique des œuvres est réputé bouleverser la donne. Toutefois, on accuse fréquemment les acteurs dominants dans ce domaine, de freiner les évolutions pour préserver leurs positions et leurs marges. On constate d’ailleurs que contrairement aux États-Unis et au Royaume-Uni, le marché du livre numérique dans le secteur de l’édition généraliste (trade) ne croît pas très vite en France. C’est pourquoi nous essaierons d’éclairer les débats sur ce sujet en analysant les relations entre éditeurs et acteurs de la distribution, tant traditionnelles que liées au numérique, et en montrant en quoi les usages du passé influent sur ceux du présent ou sont remis en cause.

Enseignant chercheur à l’université Paris 13, membre du Labsic, Christian Robin a orienté ses recherches sur les relations entre les processus éditoriaux et les contenus des livres publiés. Dans ce cadre, il analyse plus particulièrement l’économie de la filière, spécifiquement la gestion des maisons d’édition, ainsi que l’influence du numérique sur les marchés et les entreprises. Ses recherches et son enseignement sont nourris de près de 40 ans d’expérience professionnelle dans le domaine des industries culturelles, dont plus de 30 ans dans l’édition de livres et 30 ans aussi dans l’usage du numérique tant dans la production que la diffusion des contenus éditoriaux.

Cette séance est animée par Sylvie Bosser (Cemti-Paris8) et Julia Bonaccorsi (Elico-Lyon2).

8 décembre 2014

- Aude Inaudi (Gresec, Université Grenoble Alpes) et Pierre Barbagelata (I3M, Université de Toulon), « Les plateformes de prêts à destination des bibliothèques publiques »

Le travail de terrain qui sera présenté s’appuie sur l’observation de deux dispositifs de bibliothèque numérique (un à destination de publics scolaires, l’autre porté par une bibliothèque municipale à destination de ses usagers). Il révèle les tensions qui s’exercent sur la politique d’acquisition conduite par les bibliothécaires et l’analyse souligne également l’évolution de la médiation du livre numérique assurée, dès lors, à la fois par les bibliothécaires et par les plateformes spécialisées dans le prêt numérique. Autrement dit nous interrogeons ici la place et le rôle de chacun de ces acteurs dans la chaine du livre et nous soulignons, dans le domaine de la lecture publique où les enjeux économiques et sociaux sont importants, un possible glissement des prérogatives.

- Virginie Spies (Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, équipe Culture et Communication du Centre Norbert Élias, UMR 8562 – EHESS – UAPV – CNRS), « Être un « auteur numérique » ? »

Lorsqu’il publie son livre en auto-édition et format numérique, l’auteur n’est plus seulement un écrivain, il développe aussi une stratégie de communication au moyen des outils numériques. En premier lieu, il lui faut tout d’abord choisir une plateforme (Amazon par exemple), mettre en ligne le livre au format adéquat, puis choisir un prix et décider de participer ou non à des opérations de promotion. Ensuite, l’auteur est conduit à devenir le promoteur de son propre travail. En utilisant un blog, mais aussi Facebook ou Twitter par exemple, les auteurs instaurent une nouvelle relation avec leur public ce qui mène par ailleurs à une reconfiguration du livre lui-même en tant que bien culturel. L’auteur auto-publié sur des plateformes de diffusion du livre numérique est un énonciateur pluriel qui est au cœur des mutations du livre.

13 octobre 2014

- Françoise Paquienséguy, « Les plateformes de téléchargement des mangas : du braconnage à l’innovation »