Avec Sophia Stavrou, professeure adjointe, Université de Chypre, chercheuse associée, LAMES-MMSH, Université Aix-Marseille.

Le séminaire de recherche est ouvert à tout public. L’inscription auprès de Julie Bouchard est souhaitable.

Jeudi 15 janvier 2015, 9h30 à 11h30

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 ou bus 27, 47, 83, 91, « Les Gobelins »

 
Séminaire Questionner l’évaluation dans l’ESR

Le rôle des systèmes d’évaluation des formations dans la refonte de l’institution universitaire

 
15 janvier 2015, 9h30 à 11h30, ISCC

Accueil > Évènements > Séminaires et ateliers réguliers > Questionner l’évaluation dans l’enseignement supérieur et la recherche

 

Résumé

Au cours des dernières décennies, les politiques européennes de l’enseignement supérieur, ainsi que les injonctions ministérielles en France, posent comme nécessité la rationalisation à la fois des finalités et du mode de fonctionnement de l’institution universitaire. Basée sur une enquête empirique réalisée dans les universités françaises, cette communication interroge le rôle des systèmes d’évaluation dans ce processus de changement et en particulier dans la refonte des curricula universitaires. Les observations montrent que les systèmes d’évaluation des formations se trouvent souvent surplombés par leur fonction régulative. L’objectif néo-libéral de la performance socio-économique, le Nouveau Management Public et ses principes de l’efficacité et de l’efficience gestionnaire sont des principes qui se cristallisent dans les pratiques sociales des acteurs et dans les relations sociales à l’intérieur de l’institution. L’expertise, qui fait désormais partie intégrante du processus institutionnel, acquiert le rôle de médiateur et participe à la matérialisation du cadrage des pratiques. Aussi, elle participe à la production de rapports sociaux de domination spécifiques, centrés sur un « rapport de pédagogisation », sur la base de la légitimité que confère l’acquisition d’un savoir-faire procédural et des normes techniques, déterminée par la hiérarchie administrative. Cependant, l’enquête montre également que ce processus est traversé par des logiques d’action plurielles, qui entrent parfois en tension avec ce principe d’efficience (des logiques disciplinaires, pédagogiques, corporatistes…). Ces tensions témoignent de l’ouverture vers une réflexivité plurielle sur les problèmes pratiques posés et vers la mise en œuvre d’une action cognitive collective au sein de l’institution universitaire.