Adeline Wrona est professeure à l’université Paris-Sorbonne, Celsa.

Mél. : adeline.wrona-at-celsa.paris-sorbonne.fr

 

Écritures et numérique

 
Responsable : Adeline Wrona

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L’équipe de recherche du Celsa, le Gripic, a joué un rôle pionnier dans l’analyse des « écrits d’écran », et accueille aujourd’hui de très nombreux chercheurs et doctorants dont les travaux explorent les mutations de l’écriture en lien avec l’innovation technologique. L’objectif de ce pôle est avant tout de développer des projets de recherche. Trois grandes orientations sont déjà fixées : histoire de l’écriture et mutation des médias informatisés ; littérature et médiations littéraires en ligne ; métamorphoses des écritures médiatiques.

Dans cette perspective, quatre axes de recherche se détachent.

1. Les API comme écriture
Doctorat en cours (depuis 2013) de Samuel GOYET

Actuellement à Laval, où il a accompagné Milad Doueihi dans la chaire « Cultures numériques », Samuel Goyet est inscrit en doctorat en co-tutelle avec Emmanuël Souchier (Gripic, Celsa), sur la thématique suivante : De la fonction éditoriale des API Web publiques : le « faire-texte » des médias informatisés.
Les interfaces de programmation, ou API (Application Programming Interface) sont la formalisation, en termes informatiques, de l’accès aux données détenues par une entreprise, par exemple Google ou Twitter. Elles soutiennent un modèle économique et logiciel mais aussi permettent la production de formes textuelles de plus en plus répandues : cartes Google Maps, tweet ou vidéo YouTube insérés directement dans le corps d’un texte… Elles ne sont pas qu’un objet essentiellement technique, mais ont également une fonction éditoriale : elles conditionnent et contrôlent l’aspect du texte à venir. Une API et plus précisément sa documentation donne à lire des conceptions culturelles du texte, des normes techniques, juridiques, des recommandations de design.

2. Nouvelles médiations écrites de l’autorité
Étienne Candel et Pergia Gkouskou

A l’ère de l’expansion du numérique en tant que technologie d’écriture, la question de l’autorité est posée à nouveau dans son lien aux formes de légitimation que déploie l’investissement dans des dispositifs de promotion, d’auto-publication et de socialisation. L’évolution et la diffusion des dispositifs d’écriture numérique sont reliées à l’émergence de nouveaux médias et la révélation de nouveaux acteurs dans les domaines de la science, de la culture, de l’art ou de la politique. Le travail s’oriente ici sur les formes et les transformations de l’autorité scientifique dans le cadre des mutations médiatiques engagées par les réseaux numériques.

Un séminaire coordonné par Étienne Candel et Pergia Gkouskou, « Médiations informatisées de l’autorité », a été lancé le 20 mai 2014 avec 3 séances programmées. Ce séminaire propose une réflexion sur les formes et les transformations de l’autorité scientifique dans le cadre des mutations médiatiques engagées par les réseaux numériques : comment la « présence » dans l’espace médiatique numérique impacte-t-elle l’autorité ? Quelles définitions faut-il retenir de ce terme, sachant la complexité de son histoire et la multiplicité de ses formes ? Quelles différences et quelles complémentarités penser avec des notions connexes aujourd’hui comme « popularité », « visibilité », « réputation », etc. ? Assiste-t-on à l’émergence de nouvelles normes de la légitimation avec un impact sur la prise de décision ? Quelles articulations s’établissent entre les pratiques d’autopublication, d’auto-édition, d’auto-promotion des textes et la valeur d’autorité ? Quel est le point de vue des participants dans les espaces numériques voués à la publication d’échanges ? Les espaces numériques de publication et d’échange entre professionnels, artistes, littéraires ou chercheurs peuvent-ils contribuer à la formation de nouvelles « autorités » ? Quel est le point de vue des participants dans les espaces numériques de publication et d’échange ?

3. Histoire de l’écriture, jusqu’aux écrits d’écran
Projet de séminaire doctoral coordonné par Emmanuël Souchier et Anne Zali, dans le cadre de l’ED 5 (« Concepts et langages »), Université Paris Sorbonne (année 2014-2015).

4. Matérialité des architextes, objets et outils d’écriture informatisée
Projet de délégation d’Étienne Candel pour l’année 2014-2015

Au sein des travaux du courant de recherche sur les écrits d’écran, le concept prégnant et central d’architexte donne à penser l’invisible ou l’impensé du texte dans sa production industrielle et dans sa détermination partielle par les outils utilisés. Mais, tout en donnant d’importants éléments pour comprendre la forme de l’industrialisation de la culture du texte, ce concept mérite d’être interrogé et approfondi. Les dispositifs techniques matériels – l’écran, le téléphone mobile, l’unité centrale, la dalle, la télécommande, le vidéoprojecteur – sont eux-mêmes, dans un certain sens, produits par une écriture, ou, pour le moins, ils résultent d’une construction. Mais penser cette construction se passe difficilement du recours à des notions presque métaphoriques comme celle de « texte » (y a-t-il vraiment un « texte » de l’écran, même éteint, comme tendraient à le faire penser les catégories mobilisées par les sémioticiens ?) ou celle de « discours » (les artefacts matériels sont-ils vraiment porteurs de « discours » ?).

Loin de pouvoir être pensés sur le même mode, les différentes formes qu’implique la production d’un objet informatisé doivent confronter des regards et des conceptions qui sont des pratiques du sens. Designers, marketeurs, concepteurs, prescripteurs, ergonomes, innovateurs – tous ces métiers, et d’autres encore, sont impliqués dans la formation d’objets qui sont censés, par leur présence et par leurs usages, signifier, « parler », « dire » leurs mobilisations possibles ; de même, ils sont censés être achetés, donc signaler leur caractère désirable.