Avec la participation de Guillaume Carnino, enseignant chercheur à l’Université de technologie de Compiègne (Costech).

 

Stabiliser le social par la science dans la seconde moitié du XIXe siècle

 
Mardi 29 avril 2014, 17h30 à 19h30, ISCC

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Résumé

Partant d’une interrogation sur l’historicité de la notion de science, nous entendons montrer que son emploi avant le XIXe siècle ne correspond guère à l’idée que l’on se fait de la « science moderne », dont le contenu renverrait alors plutôt à la « philosophie naturelle ». Notre exposé tentera donc de dégager les schèmes directeurs de l’avènement du vocable de science – en langue française tout au moins, au cours du XIXe siècle. Se diffusant au travers de la vulgarisation savante, des Expositions universelles, des projets de l’industrie, de l’École ou des sociétés savantes, pour ne citer que ses espaces de cristallisation les plus évidents, « la science » se mue progressivement en un point de passage obligé pour l’ensemble de la société française.

Si « la science » advient si puissamment au sein de l’espace public et même privé, c’est avant tout parce qu’elle apparaît comme un remède politique et social inédit pour de nombreuses questions soulevées par les contemporains : quelles solutions concrètes et reproductibles trouver aux problèmes de la production industrielle à l’heure où le savoir artisanal ne suffit plus à faire tourner les manufactures ? Comment réduire les antagonismes politiques qui agitent la société française depuis 1789 ? L’idée de science, et plus particulièrement la mythologie qui lui est associée, fonctionne ainsi comme un verrou idéologique interdisant toute possibilité d’inflexion du modèle progressiste et linéaire fondateur de la IIIe République, permettant de faire coïncider ordre et liberté, progrès industriel et Droits de l’Homme, « technocratie » et « démocratie ».