Avec la participation de Brice Laurent et Virginie Tournay. Séance organisée et animée par Jean Foyer, chargé de recherche à l’ISCC.

 
Séminaire de l’ISCC

L’institution imaginaire de la technologie

 
29 avril 2014, 14h30 à 16h30, ISCC

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Présentation

À partir des exemples des nanotechnologies et des biotechnologies médicales appliquées au vivant, cette séance vise à traiter deux points essentiels dans la construction sociale des technologies : celui de la temporalité et celui de la co-construction entre imaginaire et matérialité.

Les questions de temporalités dans les dynamiques d’innovation autour de nouvelles technologies renvoient à l’imbrication entre présent et représentation du futur. Comment ces représentations du futur, médiatisées par les promesses, les scénarii et autres feuilles de route, façonnent-elles des trajectoires présentes et, inversement, comment les trajectoires empruntées contribuent à façonner également le futur ? Au-delà des seules questions de temporalité, les enjeux et effets politiques de ces représentations du futur méritent d’être interrogés.

Plus encore que les questions de temporalité, ce sont les liens dialogiques et toujours complexes entre une technologie imaginée et une technologie matérialisée dans des objets concrets qui posent question. La fameuse expression de Castoriadis qui parle « d’institution imaginaire de la société » semble en effet s’appliquer aux technologies au sens où celles ci semblent façonnées dans une grande mesure par des espoirs, des attentes et des futurs dotés d’une puissance instituante considérable.

Intervenants

Brice Laurent s’intéresse aux relations entre la fabrique de la science et la construction de l’ordre démocratique. À travers une approche directement issue des Science and technology studies, ses recherches portent sur les dispositifs qui lient les programmes de recherche, la fabrication des objets techniques et la production de différents types de publics. En 2008, il a rejoint le Centre de sociologie de l’innovation où il a réalisé sa thèse, consacrée aux nanotechnologies (Democracies on trial. Assembling nanotechnology and its problems).

Virginie Tournay est biologiste de formation initiale et sociologue. Elle est chargée de recherche au CNRS depuis 2006, affectée au CEVIPOF depuis 2013 et enseigne à Sciences Po Grenoble les approches pragmatiques de l’action publique et la sociologie des controverses scientifiques. Elle a exercé des fonctions d’expertise au sein du comité opérationnel d’éthique du CNRS (COPÉ) et du comité scientifique du Haut conseil des biotechnologies (HCB). Elle a obtenu la médaille de bronze du CNRS en 2011 pour ses travaux dans le domaine de la sociologie des institutions.