Ces deux séances « Arts et Sciences » sont organisées par le pôle Auvergne de l’ISCC et ARTS et animées par Élise Aspord, historienne de l’art et Pierre Bonton, professeur en robotique, fondateur de théâtre et science.

 
Épistémologie de la communication scientifique

Arts et sciences

 
23 janvier et 20 février 2014, Clermont-Ferrand

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Présentation

« Le mariage de l’art et de la science est le fruit d’une liaison complexe. Aujourd’hui même, le dialogue entre la « création scientifique » et la « recherche artistique » reste l’objet de vives négociations et de finalités contrastées, dont les sciences de l’information et de la communication témoignent amplement : pratiques de l’interdisciplinarité, images négociées, sciences au musée, arts numériques, nouvelles figures de l’auteur ... » (Introduction du livre Art et Science, collection « Les Essentiels d’Hermès », CNRS Éditions, 2012).

Ces deux séances ont pour objectif :

  • de poser des questions sur le comment de l’interdisciplinarité, de mesurer et confronter les intérêts (s’il y en a) pour chacune des deux disciplines concernées. L’interdisciplinarité, la transdisciplinarité sont-elles indisciplines ?
    Les réponses sont-elles à rechercher ailleurs ? On ne travaille pas uniquement le croisement, le cœur mais une direction nouvelle peut-être ?
  • de réfléchir sur cette alliance entre l’art et la science comme trait d’union entre grand public, chercheurs artistes et chercheurs scientifiques. De réfléchir autrement, avec des acteurs différents, des outils, des supports autres. De réfléchir sur l’implication dans l’enseignement et le partage de la connaissance. Le numérique est-il un des moyens de ce partage ? (Voir le barcamp organisé par le CRI Centre contre l’illettrisme Auvergne décembre 2013).
  • de mettre l’accent sur l’aspect communicationnel du problème : l’intérêt grandissant, en tout cas affiché comme tel, pour les humanités - de l’ensemble des laboratoires de recherches jusqu’aux écoles françaises les plus exigeantes - est-il uniquement utilitariste ? (Dans ce cas pourquoi pas ? mais alors comment l’art peut-il tirer son épingle du jeu ?) ou est-il le résultat d’un dialogue constructif et égalitaire ? (Et dans ce cas comment cet échange est-il mis en place, en valeur ?). C’est de cet affichage, notamment en termes de communication, marketing, qu’il est ici question.

« Oui, l’art peut améliorer la science et la technologie » (Roger Malina, astrophysicien et président émérite de Leonardo, the journal of the International Society for the Arts, Sciences and Technology du MIT).

« Certains disent que, plus tu t’ouvres meilleur tu es dans ta spécialité ; d’autres disent, plus tu te focalises sur ton métier plus tu es efficace » (Pierre Bonton).

Comment réconcilier et faire admettre le fait que le monde des idées et du ressenti, de la création, sont un et indivisible ? L’un et l’autre ne s’équivalent pas mais sont complémentaires. Les artistes aussi peuvent être amenés à réfléchir et n’ont certainement pas seulement un rôle d’animateur. De même les scientifiques peuvent faire preuve d’une sensibilité particulière, et forts de leur savoir, être à même de faire comprendre des phénomènes complexes (Labofactory).

Nous vous proposons le programme ci-dessous autour de ce fil conducteur de l’interdisciplinarité, du partage des savoirs et du discours autour de ces pratiques. Il ne s’agit rien moins que de reposer l’éternelle question de la raison et de l’émotion. « Je n’ai jamais pleuré devant une équation, mais devant un opéra oui, c’est certainement le distinguo que je ferais entre art et science » (Jean-Paul Allouche, mathématicien, université Pierre et Marie Curie). Pourrait-on discuter de cette assertion simple, en apparence ?

La première séance retracera l’histoire de ce mariage (réussi ou non !). Deux montages, le premier sur un institut, le deuxième sur un GDR (Groupement de recherche du CNRS) ESARS et nous dévoilerons les dessous d’une telle union. Un exemple pour finir retracera l’intégration de deux artistes dans un laboratoire scientifique.

La deuxième séance est une réflexion plus intime sur art et science. Un sociologue nous amènera sur le partage des savoirs et sur les difficultés à travailler ensemble. La diagonale de Saclay qui est un carrefour de réflexions sur la médiation scientifique et la recherche croisée Art/Science, servira de support pour ouvrir des pistes de débats pour ce partage…

Deux exemples termineront notre séminaire avant d’échanger entre nous.

Séance 1 – 23 janvier 2014, 14h (durée : 2h30)

Interdisciplinarité !

  • Historique (Élise Aspord) : « art et science » zone d’intranquilité, regard intérieur/extérieur, retour sur la société de la fusion en Asie, la place de la France et de l’Europe... (15 min.)
  • Rencontres Arts et Sciences (Roger Malina) : monter un institut (IMERA), double lecture avec retour d’expérience états-unienne – quid de la réalisation d’une œuvre AS. (30 min.)
  • Montage d’un GDR Art et Science (Zoï Kapoula) (30 min.)
  • Exemples à l’Institut Pascal (Pascale Weber et Jean Delsaux) : paysage, animisme et technologie, réflexions autour de l’œuvre rhizomatique Nymphaea Alba Ballet (15 min.)
  • Discussion (1 heure)

Séance 2 – 20 février 2014, 14h (durée : 2h45)

Construction ou déconstruction !

  • Point de vue d’un sociologue (Jean-Paul Fourmentraux) (30 min.) (sous réserve)
  • Diagonale de Saclay (Christian Jacquemin) : promesses versus difficultés ? (30 min.)
  • Peinture numérique (Owen Kevin Appadoo) (15 min.)
  • Arts et technologie (Julien Piedpremier, Vidéoformes/Catopsys/Isima) (15 min.)
  • Conclusion, critique AS ! : Élise Aspord et Pierre Bonton (15 min.)
  • Discussion (1 heure)

Informations pratiques

MSH, 4 rue Ledru, 63000 Clermont-Ferrand
Amphi 220 (vidéo conférence)

Contact Éric Dacheux