Cette séance est consacrée à l’ouvrage Une autre histoire des « Trente glorieuses » (La Découverte, 2013) : présentation de l’ouvrage et discussion avec les auteurs.

 
Séminaire de l’ISCC

Une autre histoire des « Trente glorieuses »

 
Mardi 26 novembre 2013, 14h30 à 16h30, ISCC

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Comme était doux le temps des « Trente Glorieuses » ! La démocratisation de la voiture et de la viande ! L’électroménager libérant la femme ! La mécanisation agricole éradiquant la famine ! La Troisième Guerre mondiale évitée et la grandeur nationale restaurée grâce à la dissuasion nucléaire ! Etc. Telle est aujourd’hui la vision dominante de cette période d’« expansion », objet d’une profonde nostalgie passéiste... au risque de l’aveuglement sur les racines de la crise contemporaine.

À rebours d’une histoire consensuelle de la modernisation, cet ouvrage dévoile l’autre face, noire, du rouleau compresseur de la « modernité » et du « progrès », qui tout à la fois créa et rendit invisibles ses victimes : les irradié.e.s des essais nucléaires en Algérie et en Polynésie, les ouvrier.ère.s de l’amiante ou des mines d’uranium contaminé.e.s, les rivières irrémédiablement polluées, les cerveaux colonisés par les mots d’ordre de la « croissance » et de la publicité...

Les conséquences sociales et environnementales des prétendues « Trente Glorieuses », de leur mythologie savamment construite par les « modernisateurs » eux-mêmes, de leurs choix technico-économiques et de leurs modes de vie, se révèlent aujourd’hui très lourdes. Il nous faut donc réévaluer la période et faire resurgir la voix des vaincu.e.s et des critiques du « progrès » (de l’atome, des pollutions, du productivisme et du consumérisme) antérieures à 1968. L’enjeu est non seulement de démonter les stratégies qui permirent alors de les contourner, mais aussi de les réinscrire dans les combats politiques et écologiques contemporains.

Site de l’éditeur

Les auteurs

Céline Pessis est doctorante en histoire à l’EHESS et travaille sur la technocratie coloniale et sur l’émergence d’une critique du « développement » après 1945. Elle a coordonné Survivre et vivre. Critique de la science, naissance de l’écologie (L’Échappée, 2013).

Sezin Topçu est historienne et sociologue des sciences, chargée de recherche au CNRS (Institut Marcel Mauss-CEMS). Spécialiste du nucléaire et de sa contestation depuis 1945, elle est l’auteure de La France nucléaire. L’art de gouverner une technologie contestée (Seuil, 2013).

Christophe Bonneuil est historien au Centre Alexandre Koyré (CNRS/EHESS). Ses recherches portent sur les rapports entre science, nature et société depuis la fin du XIXe siècle. Il a notamment publié Gènes, pouvoirs et profits (Quae, 2009, avec Frédéric Thomas), Sciences, techniques et société (La Découverte, 2013, avec Pierre-Benoît Joly) et L’événement anthropocène (Seuil, 2013, avec Jean-Baptiste Fressoz).

Informations pratiques

Inscription à leseminaire@iscc.cnrs.fr

Mardi 26 novembre 2013, 14h30 à 16h30

Maison des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7, « Les Gobelins »