Avec Carole Lipsyc et Hektor Mamet.

Mercredi 26 juin 2013, 10h à 12h

Institut des sciences de la communication
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 ou bus 27, 47, 83, 91, « Les Gobelins »

 

Carole Lipsyc et Hektor Mamet

 
Mercredi 26 juin 2013, 10h à 12h, ISCC

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Carole LIPSYC

Pionnière de la littérature transmédia, chercheur au laboratoire Paragraphe (Université Paris 8), Carole Lipsyc dirige une start-up sociale qui développe des solutions logicielles d’ingénierie de la connaissance (Adreva).

Carole Lipsyc a créé Les 3 Espaces, premier récit littéraire participatif, transmédia et pervasif. Les 3 Espaces ont touché un million de visiteurs au Forum des Halles en 2008 et réuni jusqu’à 30 000 lecteurs par mois en ligne.

Dans sa thèse de doctorat, Carole Lipsyc a mis au point une approche novatrice pour la gestion du contenu numérique complexe, la Sémantique analogique, qui a permis de développer la technologie Topos. Sa démarche d’artiste-chercheur est engagée : elle défend l’importance d’aborder le design technique à partir d’impératifs éthiques qui prennent en compte les bouleversements épistémologiques de notre société média-numérique.

« Approche épistémologique de la méthodologie de Création-Recherche & Développement »

La méthodologie de Création-Recherche & Développement (C-R&D) est une démarche de recherche appliquée qui utilise la création artistique comme champ d’expérimentation et d’observation. Elle place ainsi l’œuvre d’art au cœur de la technique et de l’épistémologie.

Elle s’assimile au demeurant à une approche constructiviste de la R&D qui intègre l’utilisateur dans le processus, un peu à la manière des « méthodes agiles » et du co-design.

Durant la présentation, nous aborderons la mise au point de la C-R&D au travers de ses deux projets structurants principaux : le dispositif transmédia 3 Espaces et l’expertise concertée biodiversité 2.0.

Nous établirons également un aperçu épistémologique général de son processus : ses six étapes, ses deux principes fondamentaux et ses trois cycles, respectivement à dominante abductive, déductive et inductive.

En conclusion nous ouvrirons la réflexion sur les deux concepts de design éthique des technologies numériques et d’économie sociale et solidaire de l’innovation.


Hektor MAMET

Hektor Mamet (1983) est un artiste suisse d’origine polonaise. Hektor a étudié à Londres, à la City and Guilds of London Art School (2003-2006, Bachelor Degree) et au Chelsea College of Art and Design (2007-2008, Master of Fine Art). Ensuite, de 2008 à 2010, il a participé au programme de recherche « La Seine » à l’École des Beaux-Arts de Paris et de 2010 à 2011 il était membre de l’Institut suisse de Rome. Hektor a participé à plusieurs ateliers et dans plusieurs résidences dont celle de l’IS Wyspa en 2009 où il a réalisé une installation in situ « Jadalnia » et celle de la Fondazione Michelangelo Pistoletto - Cittadellarte en 2012 où il a réalisé le projet « La citadelle politique ». Hektor a exposé, solo, à la galerie Artericambi (2011) de Vérone, en Italie, au Forum Vebikus (2013) à Schaffhouse et à La Rada à Locarno (2013) en Suisse.

Hektor au cours de ses années d’études a commencé à transformer en objets dysfonctionnels des produits domestiques. Si d’une part, l’objectif était de rendre l’objet inutile l’autre but est de rendre à travers l’objet même, sa propre représentation sans y chercher d’autres fonctions. Ces objets font partie d’un projet lancé en 2005 actuellement encore en développement : il s’agit d’une recherche continue sur l’homme et la société faite à travers les objets. Hektor en ce sens, fait référence à une citation célèbre d’un designer : « si nous regardons de près une cuillère, nous comprenons quelle société l’a dessinée et quelle type de ville elle construirait ». (Ernesto Rogers)

Les différents objets créés par Hektor lui permettent d’aborder les différents problèmes de la société comme la pauvreté, dans le projet S.D.F. / S.V.P. ou le rapport entre la valeur des produits et leurs prix de revient indiqués au moyen de chiffres en bois sur les murs au dessus de ses objets inutiles. Les graphiques sont stéréotypés et rappellent ceux des supermarchés et magasins de meubles.

Dans son travail, le positionnement d’objets construit une échelle de valeurs. Les prix sont rigoureusement mis au dessus des produits inutiles qui sont à plat sur le sol, car comme il dit : « les choses défectueuses ou inutilisables sont toujours au sol ». (Enfin on fait tout pour l’argent...). Ce travail a culminé avec deux nouveaux projets : un socle fait pour l’homme derrière lequel se trouve affiché le mot « nouveau » parce qu’ « avec de nouveaux articles ménagers nous avons aussi besoin de nouvelles personnes » et l’autre est la construction en paires ou en groupes d’un point d’interrogation à partir de deux éléments : un point joint à un élément en forme d’arc. Dans les deux œuvres, les visiteurs de l’exposition sont photographiés, devenant acteurs du projet.

Pendant son séjour à la Fondazione Pistoletto, Hektor a mis en œuvre le projet « La citadelle politique ». Ce projet est née de l’inspiration du livre de Marc Aurèle, empereur romain et philosophe qui a écrit les « Pensées ». Un livre unique pour son époque parce qu’il n’appartient à aucune catégorie de littérature existante à ce moment. C’est un guide de conduite de sa vie que Marc Aurèle a écrit pendant ses années de guerre en Orient.

Inspiré par ce projet d’écrire un livre pour soi-même, Hektor a décidé d’élaborer un manuel pour Cittadellarte d’orientation spirituelle où les citoyens, les artistes, les résidents et les habitants de la Fondazione Pistoletto se demandent tous ensemble ce qui est une transformation sociale responsable, le slogan sous lequel Cittadellarte travaille. Et imaginer l’avenir pour ce lieu. Ce projet a abouti à la création d’un atelier final dans lequel les résidents, les employés ainsi que les résidents permanents tentent de répondre aux questions qui ont surgi lors de cette recherche.

Au sens d’Hektor, le travail consiste en une recherche. La sculpture, le travail avec les objets inutiles, lui permet de comprendre le monde autour de soi et c’est un outil de
communication. Autant que réaliser un manuel ou transformer des objets pour lui, il s’agit de créer des espaces et des plateformes de réflexion sur les différentes questions de la vie.

L’écriture pour Hektor, c’est écrire ce qu’il fait et comment ce qu’il fait questionne les divers aspects de la société.