Journée d’étude organisée par Vincent Liquète dans le cadre du projet Trans-I.

 
Projet Trans-I

Méthodologies de captation de pratiques informationnelles de nature translittéracique

 
18 janvier 2013, 10h à 16h, Paris, ISCC

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Présentation

Héritage anglo-saxon, revisité depuis peu par des communautés de chercheurs français en SHS et plus précisément en SIC, la translittératie informationnelle tente d’être captée puis analysée en situations scolaires, universitaires ou professionnelles, ceci principalement à un double niveau.

Le premier niveau opérationnel et pragmatique, où est analysée la convergence de l’éducation aux médias, à l’information et à l’informatique s’affirmant actuellement comme un des axes importants de transformation progressive de la « culture de l’information » en une « translittératie informationnelle », dont la définition se situe autour des repérages des modes d’interaction avec l’information désormais disponible pour l’usager (via le web, les réservoirs de données et les offres de services numériques) ainsi que les interactions entre les individus, convoquant les travaux inscrits dans les champs de la cognition située et de la cognition distribuée. Ce premier niveau tente non seulement de repérer des modes d’agencements multi-médiatiques qui imposent à chaque individu d’être capable de lire, d’écrire et de compter avec tous les outils à disposition et sur tous les supports (de l’écrit à l’image, du livre au wiki), mais également de capter les formes de maîtrises multi-domaines qui exigent à chacun d’être capable de chercher, évaluer, valider, modifier, stocker, organiser, diffuser l’information selon ses contextes d’usage (le code, l’actualité, le document,…) plus ou moins explicites et formalisés. On notera, par la même occasion, l’extension des territoires de l’information qui incorporent désormais le code informatique (digital literacy) à l’actualité mass-médiatique (media literacy) et au document (information literacy) ainsi que les problématiques liées à la communication, hommes-machines et groupale.

Le second niveau culturel et social tente de considérer trois évolutions culturelles marquantes qui ont directement un impact sur les pratiques et comportements culturels et symboliques des individus à savoir :

  • l’éditorialisation de l’information à l’ère numérique qui s’organise à partir de réseaux, de machines à communiquer et programmes où les « documents » acquièrent une plasticité radicalement originale, propre aux langages artificiels fondés sur le calcul et l’informatique, qui bouleverse la notion de « texte » et les modes de représentation et de transmission ;
  • la convergence des industries de la connaissance et des industries du loisir, qui dans le cadre de la dite « Société de l’Information » entérinent les pratiques individuelles et collectives des usagers. Au nom d’une utilisation adaptée, naturelle et conviviale des dispositifs, on consacre l’autonomisation accrue des apprenants dans l’espace du foyer ainsi que l’ouverture des espaces traditionnellement disjoints de l’école et de l’industrie ;
  • enfin, ces enjeux et stratégies deviennent d’autant plus cruciaux à maîtriser que c’est désormais l’usager qui est en position d’autorité et de responsabilité par rapport à l’information qu’il produit, retraite, mixe, diffuse et recense, dans « le renversement du modèle de validation de l’information » (Serres, 2012).

De ces constats, la journée du 18 janvier sera organisée selon des apports puis des discussions pluridisciplinaires sur les questions d’approches et de méthodologies de la recherche pouvant être mobilisées et utilisées afin de repérer et de chercher à comprendre les logiques d’usages translittéraciques.

Programme

Matinée

9h45 – Accueil

10h – Présentation du projet TransI et du protocole testé, Anne Cordier (Université de Rouen, Laboratoire GRHIS) et Vincent Liquète (Université de Bordeaux, Laboratoire IMS)

10h30 à 11h15 – Intervention d’Elisabeth Schneider (Université de Caen, Laboratoire ESO), « Ethnographie des pratiques d’écriture adolescentes : interroger une démarche d’investigation »

11h15 à 12h15 – Questions, réactions, échanges avec les discutantes, l’auditoire et les membres de Trans-I

Après-midi

14h à 15h – Intervention de Christophe Reffay (ENS Cachan, IFE, Laboratoire STEF), « Le partage des données, outils et analyse »

15h à 16h – Questions, réactions, échanges avec les discutantes, l’auditoire et les membres de Trans-I

16h – Conclusion de la journée

Au cours de la journée, nous ferons appel à deux discutantes du domaine de l’anthropologie de l’écriture : Béatrice Fraenkel (EHESS) et Claire Bustarret (CNRS) du Laboratoire IIAC (UMR CNRS-EHESS).

Chaque intervention s’appuiera sur un récit scientifique et une présentation à l’auditoire d’une méthodologie et d’une expérience scientifique.

Présentation des trois interventions

1. Repérage de pratiques translittéraciques en contexte d’apprentissage : enjeux, modalités et questionnements méthodologiques / Anne Cordier (Université de Rouen), Vincent Liquète (Université de Bordeaux)

Présentation des orientations méthodologiques déterminées dans le cadre du projet Trans-I, afin de mettre à jour des pratiques translittéraciques en contexte d’apprentissage (en s’appuyant notamment sur les approches de la cognition distribuée et située). Explication analytique du protocole de recherche éprouvé par les chercheurs du groupe Trans-I, et pistes de questionnement.

2. Ethnographie des pratiques d’écriture adolescentes : interroger une démarche d’investigation / Elisabeth Schneider (Université de Caen)

La volonté d’observer les pratiques d’écriture des adolescents aujourd’hui dans la diversité des usages, entre papier et numérique demande d’engager une enquête dans la diversité des lieux, des activités et dans la diversité des supports. C’est ce qui a présidé à l’élaboration d’un dispositif relevant de l’ethnographie.

Par ailleurs, le regard croisé en SIC et géographie sociale a permis de soulever de manière spécifique les questions suivantes : quelle prise en compte des différents agencements dans lesquels l’écriture trouve sa place ? Comment envisager la collecte de données en contexte scolaire, privé, en situation de mobilité et sur les réseaux numériques, en particulier Facebook ? Comment en construire la cohérence ? Quelle place pour la parole des acteurs et le positionnement du chercheur ? Après avoir présenté la recherche et en particulier le dispositif d’enquête, je soulèverai les questions liées aux difficultés auxquelles j’ai été confrontée, et les choix faits au cours de la mise en œuvre.

3. Partage des données, outils et analyse / Christophe Reffay (ENS Cachan – IFE)

Le projet ANR TRANSLIT (2013-2016) invité à mettre en perspective des points de vue sur les médias, l’information et l’informatique, ce qui conduit au fait que les données à recueillir ne soient pas simplement juxtaposées et analysées séparément par chacune des disciplines contributives au projet. En conséquence, il nous semble important d’adopter une attitude réflexive sur nos habilités à partager nos données, nos outils et nos analyses.

Les questions centrales de mon exposé seront : Qui partage ? Dans quel but ? Ce qui nous amènera, je l’espère, à définir la structure des Corpus de données à partager pour qu’ils soient réutilisables et interrogeables par d’autres.

Les projets Mulce, Calico, auxquels j’ai participé, se sont directement intéressés à l’élaboration d’outils permettant le partage de données de recherche. Ce n’est pas tant sur les questions techniques qu’il est intéressant d’interroger ces projets que sur leurs fondements et les usages qui en découlent… ou non. Ils me permettront de prendre quelques exemples de partage (données, outils, analyses) pour illustrer leur intérêt, les difficultés qu’ils ont pu soulevées et les solutions proposées pour les dépasser.

Informations pratiques

Vendredi 18 janvier 2013, 10h à 16h

Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC)
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 ou bus 27, 47, 83, 91, « Les Gobelins »

Contact Vincent Liquète