Séance du séminaire Gouverner le vivant (CNRS, MNHN, IRD), à l’ISCC.

 
Séminaire thématique

Produire la faune sauvage : la conservation en Inde à l’ère de l’Anthropocène

 
Jeudi 13 décembre 2012, 10h30 à 12h30, ISCC

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Intervenants

  • Paul Robbins est professeur et directeur du département Geography and Development de l’université d’Arizona (États-Unis). Spécialiste reconnu dans le champ de la political ecology, ses recherches sont centrées sur les relations entre les individus (propriétaires de maisons, chasseurs, forestiers, etc.), les acteurs environnementaux (pelouses, élans, l’arbre Prosopis Juliflora, etc.) et les institutions qui les connectent. Il a récemment publié la seconde édition de son ouvrage Political Ecology. A Critical Introduction et co-édité avec Michael Watts et Richard Peet Global Political Ecology.
  • Discutante : Sarah Benabou, anthropologue, centre Alexandre Koyré

Présentation de la séance

À partir de recherches récentes dans la réserve Kumbhalgarh (Rajasthan, Inde) et du constat que les politiques de conservation de la nature représentent désormais un enchevêtrement de pratiques (préservation, participation, etc.), Paul Robbins se demande si les espaces environnementaux chaotiques et semi-anthropisés (tels que les réserves naturelles) peuvent être contrôlés de manière à protéger les espèces endémiques rares. Ses recherches révèlent que les espèces sauvages plus adaptées au non respect des règles de conservation ou au « pâturage illégal », tels que les loups, les panthères ou les pintades, ont prospéré là où d’autres ont décliné. Cela révèle un système écologique inédit constitué d’éléments sauvages et domestiqués entrelacés au sein d’un patchwork. Ce système n’est pas le produit d’une gestion planifiée mais le résultat de l’émergence spontanée et auto-organisée d’un modèle d’usage des territoires issue des luttes quotidiennes autour des ressources productives et au sein desquelles animaux, communautés locales et forestiers « débordés » parachèvent des compromis, des accords et des arrangements. Cela démontre que si les espèces naturelles ne peuvent pas être préservées, elles peuvent au moins être produites, avec des implications pour la démocratie et la durabilité de « nouvelles écologies ».

Informations pratiques

Retrouvez toutes les informations pratiques (horaires, lieux...), le programme de l’année, les livres discutés pendant les séances sur le site dédié au séminaire.

Jeudi 13 décembre 2012, 10h30 à 12h30

Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC), 1er étage
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 ou bus 27, 47, 83, 91, « Les Gobelins »