Ouvrage préfacé par Pascal Griset, professeur à Paris Sorbonne, IRICE CRHI, postfacé par Dominique Wolton, directeur de l’Institut des sciences de la communication du CNRS.

 

Le Minitel. L’enfance numérique de la France

 
Valérie Schafer, Benjamin G. Thierry, Nuvis, Cigref, Paris, 2012, 230 p.

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Dans les années 1980, au moment de son apparition, le Minitel est voué à constituer un des principaux vecteurs de « l’informatisation de la société ». Changement de perspective dans les années 1990 : le Minitel est désormais responsable du retard français dans le développement d’Internet et symbolise la ringardise de la « France du monopole des télécommunications ». Née sous les auspices de la modernité triomphante, comment expliquer que la télématique finisse par symboliser les archaïsmes d’une société française à la traîne de la technologie ?

Le 30 juin 2012, le Minitel et le réseau Transpac qui le supportait disparaissent. Après trente ans d’une relation passionnée avec les Français, il s’agit maintenant de construire une histoire qui dépasse la consécration, les anathèmes et la simple mise en valeur des ruptures entre télématique et Internet. C’est la place globale de la « little french box » dans l’histoire de la communication qu’il faut apprécier.

Ce livre a donc pour vocation d’inscrire ces réflexions dans la longue durée. En amont d’une part, en pensant la convergence dans les années 1960 entre informatique et télécommunications, le rattrapage téléphonique français, la politique et les stratégies de la puissante Administration des Télécommunications ; en aval ensuite, en montrant que les questions de gouvernance, les controverses socio-techniques, la fin supposée de la « civilisation du papier », la traçabilité ou encore l’anonymat ne naissent pas avec Internet.

Ce livre éclaire les problématiques qui ont traversé trente années d’existence du Minitel. Dispositif socio-technique, expérimentations, modèles économiques, controverses et enjeux, acculturation des Français aux usages télématiques, passage du Minitel à Internet : cette histoire invite à réévaluer le rôle de cette petite boite beige, qui constitue une exception française dans le paysage mondial des technologies de l’information et de la communication.