Organisé en alternance au Centre de recherche en histoire de l’innovation de Paris Sorbonne, à l’EHESS et à l’Institut des sciences de la communication du CNRS,
le séminaire « Histoire de l’innovation et des TIC » est ouvert à tous sans inscription préalable.

 
Séminaire Histoire de l’innovation

Le marché du poste à transistors (1954-1970) : sources, enjeux et problématiques

 
Mardi 13 décembre 2011, 17h à 19h

Accueil > Évènements > Séminaires et ateliers réguliers > Histoire de l’innovation et des TIC

 

Cette séance accueille Elvina Fesneau, docteur en histoire contemporaine, pour une intervention intitulée « Le marché du poste à transistors (1954-1970) : sources, enjeux et problématiques ».

Elvina Fesneau est l’auteur de Le poste à transistors à la conquête de la France. La radio nomade (1954-1970), Ina Éditions, 2011.

Compte rendu

Elvina Fesneau a montré comment l’histoire du poste à transistor en France (années 1954 à 1970) peut être appréhendée de manière globale, en croisant histoires économique, technique, politique et sociale. Son intervention s’est concentrée sur plusieurs aspects : quelles sources pour faire l’histoire de ce marché et quelle périodisation ? Comment le poste à transistor devient-il objet de consommation grand public ? Comment contribue-t-il à une culture jeune ? Quels sont les vecteurs de croissance de ce marché ?

Outre un rappel de l’historiographie, une présentation détaillée des sources utilisées, écrites comme orales, a permis d’interroger à la fois les difficultés statistiques qui peuvent se poser, les croisements nécessaires de sources, leurs apports et silences, la méthode d’entretien semi-directif avec des témoins, etc.
Après avoir posé quelques repères chronologiques sur l’invention du transistor (composant) puis de l’objet radiophonique transistor, Elvina Fesneau s’est ensuite concentrée sur le contexte de lancement des postes à transistor en France au milieu des années 1950 (réticences des industriels, études de marché peu engageantes, échec relatif du Regency, développement de postes portatifs à lampes aux États-Unis…), et en particulier sur le cas du Solistor industrialisé et commercialisé par la CSF. Spécialisée au départ sur les séries militaires, la CSF se lance à partir de 1954 sur le marché du poste à transistor grand public. Elvina Fesneau a analysé les raisons de l’échec du Solistor, qui tiennent autant à des problèmes de fixation des prix (manque de rentabilité), qu’à des accords peu féconds avec Philips ou aux difficultés de l’entreprise à passer d’une « culture lampiste » à une « culture transistor ». Dans le cas de la CSF, son rôle de précurseur n’a pas été garant d’un succès qui l’obligeait à s’improviser experte sur le marché grand public.

Elvina Fesneau a montré comment la France devient ensuite le premier pays européen équipé en postes à transistor, pour des raisons notamment techniques : le contexte du double réseau radiophonique français favorise la présence de la modulation d’amplitude et l’arrivée massive de postes à transistor japonais équipés de la modulation d’amplitude au milieu des années 1960.

Elle a par ailleurs analysé les conditions de développement de l’objet nomade transistor, notamment auprès des jeunes, et établit des liens féconds entre radio et TIC sous l’angle de la portabilité et de la mobilité, qui invitent à penser ces notions dans le temps long.

Informations pratiques

Mardi 13 décembre 2011, 17h à 19h

Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC)
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7 « Les Gobelins »