Intervention de Franck TARPIN-BERNARD, Laboratoire d’informatique de Grenoble, puis de Jean-Michel BESNIER, Université Paris-Sorbonne.

 

Interfaces cerveau-ordinateur

 
22 février 2011

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Interfaces cerveau-ordinateur

L’exposé de Franck TARPIN-BERNARD portait sur les interfaces entre cerveau et ordinateur (ou Brain-Computer Interface : BCI). Il s’agit, a-t-il expliqué, d’une « technologie permettant d’interagir avec son environnement numérique et/ou physique par l’interprétation ou la synthèse de signaux cérébraux ». Il a établi une typologie des BCI selon deux critères : la technologie choisie (électroencéphalographie ou neuroimagerie) et l’invasivité. A l’heure actuelle, les BCI sont essentiellement utilisée pour transmettre des ordres et des commandes à la machine (i.e. il n’y a pas de communication au sens strict, simplement un transfert unidirectionnel). Le BCI est en général utilisé comme un « sens » supplémentaire, à compléter par d’autres dispositifs. Le taux d’erreur et d’« illiteracy » (proportion de personnes ne pouvant pas se servir d’une BCI) est encore assez élevé (25 et 20% respectivement).

Machinisation de l’Homme et humanisation de la machine : enjeux philosophiques

Jean-Michel BESNIER envisage de poser la question de l’augmentation de l’Homme par la technologie de manière philosophique. Il identifie tout d’abord dans cette volonté de dépasser ou de transcender l’humain, une lassitude, voire un dégoût, de la condition humaine qui porte avec elle son lot de souffrance. Il souligne par ailleurs une certaine forme de déresponsabilisation, de lâcher-prise volontaire, de l’Homme vis-à-vis des technologies qu’il crée. Enfin, il repère un double mouvement qui tend vers une convergence : l’hominisation des machines (on cherche à construire des robots de plus en plus ressemblants à l’être humain, à rendre l’interaction homme-machine la plus transparente possible, etc.) et une mécanisation de l’Homme (qui doit toujours davantage se plier aux modes d’interactions imposés par les machines).