Avec la participation de trois doctorants en sciences de l’information et de la communication de l’Université de Technologie de Compiègne (Laboratoire Costech/Equipe EPIN).

 

Dispositifs participatifs en ligne et pratiques de communication politique

 
Compte rendu de la séance du 8 mars 2011

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Compte rendu

Clément Mabi, Jean-Christophe Plantin et Romain Badouard sont venus présenter leurs recherches de doctorats, effectuées au laboratoire Costech (Université de Technologie de Compiègne) sous la direction de Laurence Monnoyer-Smith, et de Serge Bouchardon dans le cas de J-C Plantin.
Leurs travaux s’intéressent aux pratiques communicationnelles qui se structurent autour de dispositifs participatifs en ligne dans différents contextes. Ils accordent une place importante à la dimension technique des objets étudiés, considérée comme co-constitutive des pratiques observées.
Plus concrètement, il s’agit pour eux de nourrir une réflexion sur les spécificités du support numérique et du web en tant qu’outils de médiation entre des acteurs politiques. Une attention particulière est ainsi apportée aux liens entre la configuration des sites et des applications, dans la mesure où elle participe à rendre opérationnels certains modèles de pratiques politiques, et les modes d’appropriation de ces outils par les acteurs concernés, notamment dans leurs aspects créatifs (formes de collaboration, mobilisations, détournements, etc…).
Ils croisent des approches issues des digital methods, telles que l’analyse techno-sémiotique de sites web, l’analyse de dispositifs participatifs ou encore la cartographie de sites Web, avec d’autres analyses plus traditionnelles propres à l’enquête de terrain.

Clément MABI
« Dispositif de débat public et participation citoyenne : le rôle des compétences techniques »

Son étude porte sur un dispositif de débat public organisé par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) sur le « Projet de parc éolien en mer des Deux Côtes ». Il étudie notamment comment les citoyens se sont appropriés le dispositif et comment ils ont fait face à la dimension technique du débat, la manière dont les représentations de la participation et de l’intérêt général sont « pliées » dans le design du dispositif et les visions de la délibération par la commission rendues opérationnelle à travers cette procédure négociée.

Jean-Christophe Plantin
« La cartographie numérique et l’émergence de problèmes publics en ligne : propriétés, pratiques, possibilités »

Son étude porte sur les pratiques de cartographie amateur sur le web, fortement développées depuis 2005, grâce à un ensemble de solutions techniques dont la plus connue est l’API de GoogleMaps. Plus précisément, son travail analyse les pratiques politiques qui se développent à partir de ces cartographies numériques, par exemple comment les différents acteurs utilisent cet outil comme médiation afin de développer différentes formes de participation à un problème public, allant de sa définition à la suggestion de solutions alternatives. Son travail de terrain se base sur deux corpus : le premier est constitué de 15-20 applications cartographiques en ligne, et vise à faire ressortir les spécificités de la carte comme pratique d’écriture numérique.
Un deuxième corpus regroupe les cartes en ligne produites par différents acteurs impliqués dans la fuite de pétrole du Golfe du Mexique en 2010.

Romain Badouard
« L’Union Européenne et la participation politique en ligne : pratiques communicationnelles autour des dispositifs institutionnels de e-gouvernement »

Depuis le début des années 2000, la Commission européenne a mis en ligne des plateformes participatives promouvant l’implication des citoyens et des organisations de la société civile dans la vie politique de l’Union. S’inscrivant dans différentes stratégies de la Commission (réforme de la gouvernance européenne, plans d’action relatifs à la communication institutionnelle, construction et promotion d’une « société européenne de l’information »), ces plateformes font preuve d’une grande diversité. Celle-ci s’exprime à la fois à travers les acteurs mobilisés, les approches de la citoyenneté européenne rendues opérationnelles par ces plateformes, et les conceptions de l’espace public qu’elles sont censées incarner. Sa recherche s’intéresse notamment aux modalités de constitution de publics politiques transnationaux autour de ces plateformes. Il s’agit d’observer la circulation des acteurs sur le web européen, d’analyser les configurations de leurs interactions sur les sites, et d’appréhender les formats de médiation entre ces « publics » et les fonctionnaires de la Commission.